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Restauration rapide : McDonald's signe le premier contrat garantissant le prix du blé sur trois ans

17.02.2012, source : Les Echos.fr

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La chaîne de restauration s’est engagée à payer le blé servant à fabriquer 25 % de ses petits pains à un prix garanti sur trois ans.

L’exemple sera-t-il suivi par d’autres ? Dans un contexte où le prix des matières premières semble voué pour longtemps à de très grandes variations, McDonald’s lance aujourd’hui une initiative intéressante. Avec les Grands Moulins de Paris et East Balt France, la chaîne de restauration rapide vient de signer un accord garantissant le prix du blé pour trois ans à deux coopératives de la grande région parisienne, Beauce Gâtinais Céréales (BGC) et Val France.

Une centaine d’agriculteurs sont concernés par cet engagement, qui porte sur 8.500 tonnes de blé et 25 % des besoins annuels en petits pains de McDo France. Les Grands Moulins fabriquent la farine, East Balt l’utilise pour les « buns » dans lesquels McDo glisse la viande du hamburger.

Le prix du contrat n’est pas celui du marché. « Il en est déconnecté », indique le directeur général de BGC, Michel Bartolo. « Nous avons entamé des discussions depuis 2008 pour déterminer un prix qui refléterait les coûts de chacun, tout en permettant à tous de dégager une marge ». Les partenaires se sont entendus sur 235 euros la tonne pour le blé dit « de force », riche en protéines, et sur 180 euros la tonne pour le blé panifiable. « A ce niveau, ce ne sera pas toujours le meilleur prix, mais ce ne sera jamais le plus bas non plus », commente Michel Bartolo.

Il est non révisable pendant trois ans et reconductible, mais comporte cependant une variable, celle du coût de l’azote, dans une proportion de plus ou moins 25 %. « L’engrais est susceptible d’avoir un impact très important sur le coût de production du blé », explique Michel Bartolo.

De son côté, McDonald’s précise avoir un savoir-faire en matière de contractualisation et pratiquer l’exercice autant que faire se peut. Dans la pomme de terre, pour les salades et même dans celui de la viande bovine « où les choses sont nettement plus complexes pour des raisons inhérentes au secteur », commente Sébastien Bordas, directeur des achats de McDo France.

« Tout le monde gagne en visibilité, en sécurité, en qualité, trois facteurs essentiels à la construction de filières. » Le système a « vocation à être exemplaire », assure-t-il.


Marie-Josée COUGARD, Les Echos, 14/02/2012

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