Les secteurs

Restauration rapide : Bioburger vise un deuxième restaurant et songe à la franchise

14.05.2013, source : Les Echos.fr

imprimer

Depuis 2011, l'enseigne Bioburger développe une offre de hamburgers à base de produits issus de l'agriculture biologique. Un deuxième restaurant devrait ouvrir prochainement avant un possible développement en franchise.

Profiter des joies du fast-food tout en mangeant sainement ? C’est ce que propose Bioburger. Le concept, né à Paris, a été imaginé par Louis Frack et Anthony Darré. A l’époque étudiants à l’EDC, ils sont partis d’un constat : « Chaque midi, quand on était en cours, le même problème se posait : où allions-nous manger ? explique Louis Frack. Ça se finissait souvent dans un fast-food. Et un jour, après un énième burger, on a évoqué l’idée du bio car on voulait manger plus sainement ».

De la love-money et un prêt étudiant pour lancer l’affaire

L’idée lancée après un déjeuner prendra rapidement forme. Pour financer leur projet, les deux amis ont eu recours à un prêt étudiant de 77 000 euros. Pour le reste, Louis Frack et Anthony Darré ont mis 30 000 euros de leur poche et ont fait appel à leurs amis. « On leur a vendu notre concept » explique Anthony Darré. « Ils nous ont prêté de l’argent mais on a fixé des taux d’intérêts basés sur le chiffre d’affaires. Ainsi, l’entreprise n’est pas endettée et on conserve nos parts ». Ce mode de financement leur a permis de récolter près de 65 000 euros et d’ouvrir leur première adresse en juillet 2011.

En créant Bioburger, Anthony Darré, 26 ans, et Louis Frack, 25 ans, se positionnent d’emblée comme de la restauration rapide, avec un objectif défini : rendre le bio plus accessible grâce à une rapidité de service et des prix attractifs. « Notre démarche est de mettre en avant le bio par l’intermédiaire d’un produit plus populaire. Pour cela, on propose des prix bas grâce à un taux de marge réduit » confie Louis Frack avant d’assurer que « par rapport à la moyenne du secteur, Bioburger se situe dix point en dessous. Si on arrive à s’en sortir, c’est grâce à un effet de volume et une offre attrayante ». En effet, en entrant chez Bioburger, le client ne se perd pas parmi une multitude de formules : les prix vont de 7 euros pour un burger à 12 euros pour un menu.
Côté rendement, Bioburger se dit aussi efficace que le leader du marché malgré des structures moins importantes : « On essaye de servir un client toutes les 30 secondes. A l’heure actuelle, on est aussi rapide que chez McDo avec une qualité supérieure » assure Anthony Darré. Mais tout ne s’est pas fait en un jour puisque le jeune homme explique : « On a dû passer beaucoup de temps, à la fois en amont de la création mais aussi sur le terrain, pour optimiser notre rapidité. On a aussi réinvesti près de 25 000 euros dans du matériel pour être plus efficace ».

Chez Bioburger : 100 % des produits sont bio

Mais se dire le premier fast-food bio de la capitale engendre quelques contraintes. Depuis le 1er octobre 2012, une certification est obligatoire pour tout restaurant commercialisant des produits issus de l’agriculture biologique. « Quand on a ouvert, il y avait un vide juridique, explique Anthony Darré. N’importe qui pouvait s’autoproclamer restaurant bio sans être inquiété ». Aujourd’hui, la donne a changé. Un restaurateur doit choisir entre trois niveaux de certification : un premier s’il utilise au moins un produit, un second si un seul des plats est cuisiné avec des aliments provenant de l’agriculture biologique et un dernier si tous les produits en sont issus.


Le casse-tête de l'approvisionnement bio

Et chez Bioburger, si le troisième niveau s’est imposé, quelques difficultés en découlent. « Pour être certifié, on paye 600 euros par an auprès de Qualité France et on doit prouver que la totalité des aliments que l’on achète et que l’on vend sont labellisés agriculture biologique. » explique Louis Frack. « Mais les fournisseurs faisant du 100% bio, ça ne court pas les rues ! » Et pour Anthony Darré, leur nombre restreint sur le marché impose un problème de taille : le stockage. « On fait appel à des petits fournisseurs qui nous livrent tous les 15 jours pour le non périssable et tous les trois jours pour le frais. Il faut donc anticiper. Et pour ne pas payer les frais de livraison, on doit commander en grande quantité. Cela implique forcément d’avoir du stockage. Mais c’est un rythme à prendre. »


Une deuxième adresse pour cet été

Fort d’un chiffre d’affaires pour l’année 2012 s’élevant à 330 000 euros, Bioburger est sur le point d’ouvrir sa seconde adresse. Après s’être installés au cœur du passage Choiseul (à Paris, IIe), dans un ancien restaurant chinois de 40 m², les deux amis ont décidé de s’agrandir en s’implantant à quelques pas. « Le but est de créer une synergie entre les deux lieux en regroupant toutes les préparations dans cette deuxième adresse. Tout sera livré le matin même par un triporteur » explique Anthony Darré.
Et contrairement au premier Bioburger, cet espace de 50m², dont l’inauguration est prévue pour cet été, accueillera adeptes du bio ou novices jusqu’à 22h : « Pour le premier restaurant, on est dépendant des horaires d’ouverture du passage et il nous est impossible de rester ouvert le soir ou les dimanches. On fait notre chiffre d’affaires seulement sur les déjeuners, explique Louis Frack. Alors que pour le deuxième restaurant, on pourra faire deux services, n’importe quel jour. Les horaires d’ouverture dépendent de nous, ce qui est un véritable plus ».

Pour la suite, Anthony Darré n’exclut pas la franchise: « C’est la finalité de notre projet. Quand on avait en tête le burger, on pensait à la franchise » confie-t-il. Louis Frack assure même avoir « déjà reçu des demandes d’intéressés souhaitant se franchiser. On vient de recevoir une demande de Lyon et même de Pologne ! » Mais les deux entrepreneurs se laissent au minimum quatre mois après l’ouverture du second fast-food pour envisager la suite qu’ils pourraient donner à leur aventure et à leurs burgers bio.

Camille BOULATE, Les Echos Business, 10/05/2013

Dernières actualités