Restauration : Planet Sushi placé en procédure de sauvegarde

25.07.2014, source : Les Echos.fr

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La chaîne spécialisée dans les sushis, Planet Sushi, a été placée sous la protection du tribunal de commerce de Nanterre pour six mois.

A première vue, la nouvelle pourrait illustrer, à son tour, les difficultés persistantes de la restauration commerciale : le groupe Planet Sushi fait l’objet d’une procédure de sauvegarde depuis le 8 juillet pour une période de six mois. La procédure, déclenchée par le tribunal de commerce de Nanterre à la demande de l’entreprise, couvre également une vingtaine d’établissements détenus en propre, pour l’essentiel à Paris ou en proche banlieue, sur la trentaine de filiales que compte le groupe. Le réseau, l’un des principaux acteurs de la restauration japonaise et de la livraison de sushi à domicile, est par ailleurs développé en franchise. Au total, Planet Sushi réunit près de 60 sites en France, 3 à Ibiza, 1 à Casablanca, ainsi que 2 à Miami, à travers ses trois concepts : livraison à domicile-vente à emporter-restauration sur place ; sushi bar ; Planet Sushi Café.

Retournement conjoncturel

Le tribunal de commerce de Nanterre a par ailleurs désigné un administrateur judiciaire, ainsi qu’un mandataire en relation avec les créanciers. « Il s’agit d’une mission de surveillance pas d’assistance », tient à préciser aux « Echos » le patron-propriétaire et fondateur de Planet Sushi, Siben N’Ser, avant d’ajouter : « La procédure de sauvegarde n’est pas une calamité. Nous espérons en sortir dès décembre ». Si elle témoigne d’une situation tendue, la procédure de sauvegarde n’en constitue pas moins une mesure préventive pour une entreprise même si, théoriquement, le tribunal de commerce peut prononcer à son issue une procédure de redressement judiciaire voire une liquidation faute de solution pérenne avérée. A entendre Siben N’Ser, Planet Sushi en est loin.

« Notre rentabilité est bonne. Nous sommes en plein retournement après une année 2013 difficile. Nous espérons sortir un EBE de 4 millions d’euros cette année, à comparer à 0,3 million en 2013, pour un chiffre d’affaires comparable à 43 millions », déclare-t-il ainsi. De fait, assure-t-il, le déclenchement de la procédure de sauvegarde ferait suite à « la non obtention auprès de la Direction départementale des finances publiques des Hauts-de-Seine d’un moratoire pour deux mois de charges, soit 1,2 million d’euros au total ». La procédure de sauvegarde permettrait donc d’autant mieux à l’entreprise de reconstituer sa trésorerie qu’elle porte de facto sur l’ensemble de son passif, de l’ordre de 7 millions d’euros selon son dirigeant. En outre, le réseau continue de croître avec une dizaine d’ouvertures programmée d’ici à la fin de l’année en France, dont deux en propre, l’implantation d’un point de vente étant par ailleurs en cours à Dubaï et à Bogotá.

Coïncidence calendaire à relever, Siben N’Ser a repris pleinement les commandes de Planet Sushi il y a un an après avoir été momentanément accompagné par des investisseurs financiers. Fin 2011, le groupe, créé en 1998, avait en effet ouvert son capital pour une « courte majorité », avait-on alors indiqué, à Céréa Capital et Azulis Capital, le montant de l’opération s’élevant à 30 millions d’euros. Planet Sushi, qui comptait alors une cinquantaine de points de vente, prévoyait de porter leur nombre à plus de 200 d’ici à 2015. En juillet 2013, les deux partenaires financiers ont revendu leur part respective au patron-fondateur avec en toile de fond des divergences stratégiques.

Christophe PALIERSE et Frédéric SCHAEFFER, Les Echos, le 23/07/2014

 

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