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Restauration : des engagements plutôt respectés en matière de baisse de la TVA

22.03.2012, source : Les Echos.fr

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Le cabinet de conseil Eurogroup Consulting estime que les restaurateurs « ont dans l’ensemble respecté les engagements » pris en 2009.

Les professionnels de la restauration commerciale devraient boire comme du petit-lait l’analyse qu’a fait Eurogroup Consulting des impacts de l’application, très controversée, du taux de TVA réduit au service à table. Sur la base de diverses sources officielles, le cabinet de conseil estime, en effet, que « les restaurateurs ont dans l’ensemble respecté les engagements » pris dans le cadre du contrat d’avenir accompagnant l’application, à compter du 1er juillet 2009, du taux de TVA réduit de 5,5 %, porté à 7 % à la fin de l’année dernière.

Pour la baisse des prix, la diminution est de 3 points sur la période juin 2009-juin 2011, ce qui est conforme à l’objectif. Eurogroup Consulting confirme toutefois les « disparités », notamment entre les chaînes et les indépendants.

En matière d’emplois salariés, plus de 58.000 ont été créés en deux ans. Pour mémoire, le contrat d’avenir en prévoyait 40.000 supplémentaires, dont 20.000 pérennes et 20.000 en alternance, sachant que le secteur tend bon an mal à créer 15.000 emplois par an. Eurogroup Consulting observe cependant qu’il n’y a « pas de décrochage significatif » pour les emplois en alternance, en dépit des efforts consentis.


Faibles investissements

Quant à l’engagement en matière d’investissement, autre volet du contrat d’avenir, il est difficile à évaluer, « en l’absence d’indicateur exhaustif ». Cela étant, et à l’instar du secrétariat d’Etat au Tourisme, Eurogroup Consulting constate que le Fonds de modernisation de la restauration, qui visait à débloquer 1 milliard d’euros de prêts à l’investissement, est peu utilisé. A la fin 2011, 120 dossiers ont été engagés, soit un encours de 27 millions d’euros.


Par ailleurs, le cabinet de conseil s’est livré à un exercice de prospective pour la période 2012-2016 avec maintien ou non du taux réduit.

Dans le premier cas, la rentabilité de la filière serait préservée, et ce sans une forte hausse des prix (+ 3 % par an). A contrario, le retour au taux maximum de 19,6 %  « entraînerait une modification profonde de la filière ». Ainsi, « une faible répercussion sur les prix » assurerait une croissance des volumes mais aussi « une chute de la rentabilité » avec pour corollaire « une forte sinistralité ». En revanche, « une forte répercussion sur les prix » permettrait d’assurer « une bonne rentabilité » et s’accompagnerait d’une modification complète de la consommation, la restauration étant « davantage dédiée » aux catégories socioprofessionnelles « fortunées » . Eurogroup Consulting croit toutefois davantage à un scénario intermédiaire.


Christophe PALIERSE, Les Echos, 20/03/2012

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