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Restauration collective : Elior serait prêt à se couper en deux

30.11.2012, source : Les Echos.fr

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Engagé dans la recomposition de son capital, le groupe pourrait se voir contraint de scinder ses activités.

Le groupe Elior est devenu un mastodonte de la restauration collective et de concession, avec un chiffre d’affaires de 4,4 milliards d’euros attendu cette année, et qui atteindra les 5 milliards en 2013. Pour son fondateur, Robert Zolade, les deux piliers d’Elior, restauration collective et concession, peuvent désormais se permettre d’avoir une vie et un actionnariat autonomes. Un scénario qui pourrait résulter des remaniements en cours au niveau de l’actionnariat du holding. Les fonds d’investissements Charterhouse et Chequers, détenteurs respectivement de 62,3 % et de 7,8 % depuis 2006, aux côtés de la Sofibin de Robert Zolade, souhaitent revendre leurs parts. Rothschild est aux manettes pour négocier cette sortie, aidé par HSBC et le Crédit Agricole. « Depuis plusieurs mois, une réflexion est engagée, mais il n’y a pas d’urgence, on est à l’aube du processus », précise aux « Echos » Robert Zolade. Le fondateur aurait préféré privilégier une réintroduction en Bourse d’Elior, mais la conjoncture et ses banquiers-conseils l’en ont dissuadé.

Le fort développement de la branche restauration collective, qui résiste bien à la crise, suscite plus de convoitises que la branche concession (restaurants d’autoroute, gares, aéroports, musées, etc.), impactée par la conjoncture. La restauration collective, qui pèse 3 milliards d’euros en 2012, atteindra 3,4 milliards en 2013, tandis que les concessions passeront de 1,4 milliard d’euros cette année à 1,6 milliard d’euros l’an prochain. Sur ce chiffre d’affaires concessions, la filiale espagnole Areas en générait jusqu’à présent 600 millions d’euros, dans la péninsule Ibérique et dans les deux Amérique, avec sa stratégie propre, tandis que la France, l’Allemagne et l’Italie réalisaient le milliard restant.

« Rester offensif »

« Maintenant cette branche concession est parvenue à une étape de son histoire, avec un contrôle managérial unifié, poursuit le fondateur du groupe. Cela permet d’envisager si besoin, une scission d’Elior ; restauration collective et concession peuvent avoir chacune un destin distinct. Leur taille peut aussi le justifier. »

Si la branche concession enregistre des reculs nets sur les restaurants d’autoroute en Italie et en Espagne, la France reste en croissance, avec toutefois un fléchissement de la progression. « A nous de structurer le bilan de cette activité pour rester offensif. On croit en ces marchés même si la période n’est pas faste », remarque Robert Zolade.

Pour ce qui concerne d’éventuels repreneurs pour la restauration collective, le fondateur d’Elior semble écarter les gros opérateurs concurrents. « Jusqu’à présent, on a toujours traité avec des financiers, pour que le management puisse jouer son rôle », conclut-il.

Martine ROBERT, Les Echos, 28/11/2012

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