Les secteurs

Réduction des délais de paiement : la distribution gagnante, le bâtiment pénalisé

21.12.2009, source : Les Echos.fr

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Les délais de paiement ont baissé de 8 à 10 jours cette année, selon Euler Hermes SFAC, grâce à la loi de modernisation de l'économie. Mais ils restent supérieurs aux objectifs initiaux. Toutes les branches d'activités n'ont pas bénéficié de la même manière de la mise en oeuvre de la LME.


Mises en oeuvre en pleine crise financière, les dispositions de la loi de modernisation de l'économie (LME) sur la réduction des délais de paiement semblent quand même avoir porté leurs fruits. Selon l'assureur crédit Euler Hermes SFAC, qui a interrogé un échantillon de 850 entreprises, l'impact de la LME est « indiscutable » et « les délais de paiement moyens ont baissé de 8 à 10 jours entre 2008 et 2009 », explique Michel Mollard, le président du directoire. Toutefois, si les délais clients et fournisseurs ont effectivement baissé, la LME « n'est pas complètement appliquée, car la moyenne des délais clients ressort supérieure à 60 jours », admet Michel Mollard, alors que la loi prévoyait des délais de 45 jours fin de mois ou de 60 jours par rapport à la date d'émisssion de la facture. Si les nombreux accords dérogatoires dans les branches -plus d'une trentaine - expliquent sans doute une partie de ce constat, Karine Berger, la directrice des études, n'écarte pas une autre explication : certains secteurs n'auraient tout simplement pas appliqué la loi.

8 jours de trésorerie à financer.

Autre constat de cette étude : toutes les branches d'activités n'ont pas bénéficié de la même manière de la mise en oeuvre de la LME. Si l'effet est neutre dans le commerce, le grand perdant semble être le secteur du bâtiment. La loi s'avère même « très négative » pour ce secteur, selon Euler Hermes. En effet, si les délais accordés par les fournisseurs ont en moyenne diminué de près de 13 jours, dans le même temps, la baisse des délais accordés aux clients n'a été que de 5 jours environ : les entreprises de la construction se retrouvent donc dans l'obligation de financer 8 jours de trésorerie supplémentaires. Un impact non négligeable puisqu'il équivaut à près de 2% du chiffre d'affaires annuel du secteur. Les nombreux accords dérogatoires qui existent dans ce secteur, mais aussi le fait que nombre de donneurs d'ordres sont des acheteurs publics qui n'ont pas modifié leurs habitudes, expliqueraient cette situation.

 


Rotation de stocks.

A l'autre bout de l'échelle, l'impact s'avère favorable pour la grande distribution. Celle-ci aurait en effet gagné 4 jours de financement grâce à une réduction plus importante des délais clients que des délais fournisseurs. Plusieurs raisons à cela : à l'occasion de la mise en oeuvre de la loi, nombre d'entreprises du secteur auraient négocié des conditions d'achat plus favorables, réduit leurs sorties de cash et accéléré la rotation de leurs stocks. De plus, souligne Karine Berger, « la baisses des marges arrière liée à la LME a probablement annulé le transfert de trésorerie de la grande distribution vers les fournisseurs voulue par l'effet délais de paiement ».

C. F., Les Echos, 18/12/2009

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