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Produits culturels : la Fnac veut vendre des mobiles sans abonnement

14.01.2014, source : Les Echos.fr

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L’enseigne de distribution de produits culturels s’adapte à l’évolution du marché et crée son propre rayon de mobiles, grâce à l'évolution de son partenariat avec SFR.

Un nouveau rayon pour la Fnac. Les magasins culturels vendront dans les prochaines semaines des smartphones et des téléphones mobiles nus (40 à 60 références, avec toutes les grandes marques) non liés à un abonnement et non subventionnés (des téléphones « sim free » dans le jargon professionnel). Afin de coller au bouleversement du marché français de la téléphonie, du fait notamment du lancement des forfaits à bas coût de Free, qui ont dopé les ventes de mobiles non subventionnés, la Fnac a fait évoluer le partenariat de cinq ans qu’elle avait initié en 2011 avec SFR. Depuis trois ans, en effet, l’opérateur gérait dans les magasins Fnac des boutiques à sa marque qui constituaient la seule offre de téléphonie de l’enseigne. « Cela nous a permis de devenir un lieu de destination pour la téléphonie mobile, ce que nous n’étions pas auparavant », constate un porte-parole du distributeur.

Un marché en forte croissance

En contrepartie de la suppression de ces boutiques exclusives, SFR conservera un espace dédié dans les 24 plus grands magasins de l’enseigne, notamment en région parisienne. Surtout, les 106 points de vente en France feront la promotion des offres RED de l’opérateur, ces forfaits sans engagement et sans subventions d’appareil qui vont de 4,99 euros à 19,99 euros. Pour SFR, demeurer dans les sites qui génèrent le plus de trafic tout en décrochant l’exclusivité de la vente de son offre à bas coût dans le reste du réseau se veut une opération gagnante.

La Fnac prend, elle, pied sur un marché en forte croissance. Selon GfK, le nombre de smartphones vendus en France va passer de 18 millions en 2013 (soit 70 % des volumes de téléphones mobiles) à 20 millions en 2015. A fin octobre 2013, les appareils « sim free » représentaient déjà la majorité (60 % ) des ventes dans les réseaux autres que ceux des opérateurs.

Globalement, la part de marché des boutiques des opérateurs - qui restent centrées sur la vente de forfaits à valeur ajoutée incluant un téléphone - a baissé, passant en un an de 63 % à 51 %. Celle des hypermarchés est passée de 15 % à 17 % et celle des multispécialistes comme la Fnac a doublé, atteignant les 15 %. La Fnac surfe sur cette tendance.

Philippe BERTRAND, Les Echos, 14/01/2014

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