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Produits culturels : la FNAC prête à défendre son modèle

19.02.2013, source : Les Echos.fr

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En 2012, les ventes de la FNAC ont diminué de 1,6 % en France, dans des marchés en baisse moyenne de 10 %.

Alexandre Bompard s’est échauffé. Lors de la présentation des résultats annuels de PPR, début février 2013 à Paris, et alors même que l’activité de son groupe est d’ores et déjà déconsolidée, le PDG de la FNAC a pris la parole devant les analystes pour présenter les premiers résultats de son plan FNAC 2015. Avec la volonté de séduire, alors que l’assemblée générale de PPR du 18 juin 2013 votera la scission de la filiale, prélude à une introduction en Bourse.

Rodant les arguments qu’il présentera aux investisseurs potentiels lors d’un « roadshow » qui débutera en mai, Alexandre Bompard s’est félicité de la « bonne résistance » de son enseigne à la conjoncture, avec un chiffre d’affaires en baisse de 1,6 % en France (- 2,5 % avec l’international, à 4,06 milliards d’euros), pour des marché en baisse moyenne de 10 %, et un résultat opérationnel courant de 79 millions qui reste positif, quoique en diminution de 23 %. Selon le PDG, « l’élargissement de l’offre aux jeux et jouets et au petit électroménager design, qui n’est pourtant pas encore en place dans tout le réseau, a permis de compenser la baisse de la musique. »

Multicanal

Autre satisfaction : la montée en régime de la stratégie multicanal. Fnac.com réalise 14 % des ventes, avec une croissance à deux chiffres et en étant rentable, chose rare pour les sites d’e-commerce. « Surtout, souligne-t-il, 22 % des commandes sont retirées en magasin. » Ce qui permet de ramener le client dans l’espace de vente physique. La FNAC doit cependant parcourir désormais le chemin inverse en multipliant les commandes sur son site effectuées depuis le magasin lorsque le produit manque ou qu’il figure dans les compléments de gamme. Déjà, les vendeurs ont été préparés et intéressés à cette nouvelle démarche. Le partenariat avec Kobo a permis de vendre 180.000 liseuses et de conserver une carte à jouer dans la vente de livres numérisés, alors que, pour la musique, la partie a été abandonnée à iTunes. L’association avec SFR aurait, elle, entraîné un doublement des ventes.

Sur le plan financier, la FNAC a exécuté son plan d’économies de 80 millions annuels, réduit ses stocks de 10 %, selon Alexandre Bompard, et dispose d’une trésorerie de 292 millions d’euros.

Si François-Henri Pinault a estimé qu’ « il était temps de rétablir quelques vérités sur la FNAC », l’enseigne n’a pour l’heure fait preuve que de sa résilience face aux bouleversements de ses marchés. Pour offrir des perspectives à ses futurs actionnaires (dont Artemis, la holding de la famille Pinault, qui conservera 40 % du capital), le PDG de la FNAC met en avant le développement de la franchise, soit avec des petits formats dans les gares et aéroports ou le centre des petites villes, soit des formats intermédiaires (de 1 000 à 2 000 m²) dans les zones moyennes autrefois négligées. « Il y a un effet exponentiel, car nous constatons que, lorsqu’une FNAC ouvre, les ventes de Fnac.com décollent dans la même zone de chalandise », explique-t-il aux « Echos ».

Philippe BERTRAND, Les Echos, 18/02/2013

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