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Produits culturels: La FNAC donne des gages à ses actionnaires en améliorant ses résultats

05.03.2014, source : Les Echos.fr

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Le chiffre d’affaires a arrêté de baisser au quatrième trimestre. Fruit d’une politique promotionnelle habile, les bénéfices sont en hausse.

Quatre ans après son arrivée, c’est une première victoire pour Alexandre Bompard. Une victoire d’étape, puisque ce n’est qu’au terme de son plan stratégique « Fnac 2015 » que le jeune PDG a prévu de faire repartir à la hausse le chiffre d’affaires du groupe de biens culturels. Mais une victoire précieuse et symbolique après une introduction en Bourse forcée par son ancienne maison mère, Kering, que beaucoup annonçaient comme un fiasco. Neuf mois après, l’opération a toutes les apparences du succès. Après avoir gagné 9,49 %, à 27,10 euros, à la clôture de la Bourse le 27 février suite à la publication des résultats annuels, le titre se situe le jour suivant 23 % au-dessus des 22 euros d’introduction.

« Nous avons réussi à convaincre un grand nombre de nouveaux investisseurs, notamment anglo-saxons », se satisfait Alexandre Bompard dans un entretien aux « Echos ». Sur les plans financiers et opérationnels, la plupart des indicateurs sont repassés au vert. Pour le dernier exercice, le résultat net redevient légèrement positif, à 15 millions d’euros, après la perte abyssale de 142 millions, il est vrai creusée par beaucoup d’exceptionnel, enregistré en 2012.

Plus significatif, le résultat opérationnel courant (ROC) progresse de 13 %, à 72 millions, et le cash-flow libre gagne 100 millions, passant de - 57 millions à + 48 millions. « Au cours du quatrième trimestre 2013, notre activité est même redevenue positive, très légèrement, à + 0,6 %, Pour la première fois depuis au moins trois ans », souligne le PDG.

Seule ombre au tableau : la nouvelle baisse du chiffre d’affaires (3,8 % pour le groupe, 3,6 % en France en comparable). « Nos marchés restent très difficiles, constate Alexandre Bompard. Les produits techniques ont baissé de 6,7 % en moyenne selon GfK, malgré quelques succès le marché de la musique a perdu 6,5 %, la vidéo a chuté à - 17 % et même le livre a faibli de 2 %. »

Extinction du foyer de pertes brésilien

Pour obtenir de bons résultats malgré cet environnement mouvementé, les dirigeants de la Fnac ont actionné habilement plusieurs leviers. D’abord, ils ont tout misé sur les trois derniers mois de 2013 qui « pèsent » plus d’un tiers de l’activité annuelle. En multipliant les promotions, avant même Noël, la Fnac a gagné du chiffre d’affaires. Sans toutefois, et c’était le risque, trop dégrader son taux de marge brute qui n’a perdu que 0,2 point, à 29,8 %. « La mutualisation des achats entre la France, la Suisse et la Belgique, un bon pilotage des opérations commerciales et le renforcement de la collaboration avec certains fournisseurs clefs ont permis de compenser les investissements commerciaux réalisés », indique le communiqué publié jeudi 27 février. Le groupe a également réalisé 74 millions d’euros de réduction de coûts en 2013. Enfin, il a réussi à éteindre le foyer de pertes brésilien.

Pour 2014, la prudence demeure. « Les marchés devraient rester difficiles en France, où les perspectives macroéconomiques pour 2014 sont assez atones », explique le directeur financier, Matthieu Malige. L’enseigne devrait poursuivre sa stratégie avec le développement de la franchise et une évolution de son offre vers la papeterie premium. « Notre transformation avance et reçoit l’adhésion des équipes et des clients, prouvant que l’on peut se moderniser sans trahir son identité », estime Alexandre Bompard.

Philippe BERTRAND, Les Echos, le 28/02/2014.

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