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Produits culturels : après Virgin, Game pourrait perdre des centaines d'emplois

14.01.2013, source : Les Echos.fr

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Free, Cash Converters et Micromania seraient intéressés par des boutiques du réseau Game, qui pourrait perdre des centaines d’emplois.

Les mauvaises nouvelles s’accumulent pour Game. L’enseigne de distribution de jeux vidéo, placée en redressement judiciaire à l’automne, préparerait la fermeture ou la cession de l’ensemble de son réseau en France. Hier, le site spécialisé Gameblog affirmait que 40 des 160 boutiques pourraient être reprises par son concurrent Micromania pour un montant très raisonnable : 1 million d’euros. Certains magasins seraient aussi convoités par d’autres sociétés, dont Free et Cash Converters, qui auraient déposé un dossier de reprise partielle. Une décision définitive sera prise par le tribunal de commerce de Bobigny le 25 janvier. Mais une partie des quelque 900 salariés de la société pourraient rester sur le carreau. Le personnel de certaines boutiques ne se ferait déjà plus d’illusions : plusieurs jeux phares, en tête des ventes ailleurs, ne seraient plus livrés. Et les soldes très agressifs, démarrés depuis deux jours, seraient davantage un moyen de liquider les stocks…

Game connaît des difficultés depuis de longs mois. En deux ans, la société britannique, présente partout en Europe, a déjà fermé près de 300 boutiques et s’est séparée de plus de 2.000 salariés. En 2011, la filiale française a publié une perte nette de 3,7 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 196 millions. Et, l’an dernier, elle avait déjà fermé plusieurs magasins, annonçant un plan de repositionnement sur Internet.

Une équation difficile

Il faut dire que les grandes enseignes physiques ont eu du mal à prendre le virage Internet. A long terme, la distribution physique est particulièrement menacée. Si, aujourd’hui, la dématérialisation complète des ventes est encore rendue difficile par la lourdeur des jeux et les longs temps de téléchargement, les barrières pourraient tomber avec l’augmentation des débits.

Et le segment qui permet à de nombreux magasins de survivre, les jeux d’occasion, est lui aussi menacé. Les éditeurs font pression pour rendre plus difficile la revente des jeux, Sony ayant même déposé la semaine dernière un brevet empêchant la vente d’occasion des jeux vidéo. A la suite de cette annonce, le principal distributeur, GameStop, propriétaire en France de Micromania, a chuté en Bourse. C’est que, selon les analystes, une grande partie des marges des boutiques physiques se feraient sur ces jeux d’occasion. « Les éditeurs ont déjà augmenté la durée de vie des jeux. Si, demain, la vente d’occasion disparaît, les éditeurs pourront baisser les prix des jeux et réaliser des volumes plus importants. Et cela tuera définitivement les enseignes de distribution », confie un analyste.

Nicolas RAULINE, Les Echos, 11/01/2013

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