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Prêt-à-porter : meilleur qu'en 2011, le bilan des soldes d'été reste toutefois mitigé

03.08.2012, source : Les Echos.fr

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Si les ventes ont été meilleures que l’an passé, les organisations professionnelles n’annoncent que des progressions limitées. Le e-commerce, de nouveau en pointe, fait moins bien qu’en 2011. Seuls les grands magasins parisiens se réjouissent.

Jean qui rit, Jean qui pleure. Selon une enquête de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris (CCIP), un commerçant parisien sur deux ne juge pas satisfaisant le bilan des soldes d’été qui ont débuté le 27 juin et qui s’achèvent aujourd’hui. Mais au siège des grands magasins des Galeries Lafayette, on se félicite, à l’inverse, d’une opération commerciale qui a généré 10 % de chiffre d’affaires de plus que l’an passé dans le magasin-phare du boulevard Haussmann, à Paris. Et on affirme que les points de vente de province « se tiennent ». « A Paris, nous avons bénéficié d’un effet Jeux Olympiques avec des spectateurs non-européens profitant de leur voyage pour venir à Paris et des Londoniens ayant préféré quitter leur ville pour la période. On a constaté aussi un afflux de clients moyen-orientaux et de confession musulmane avant le ramadan », indique la porte-parole du groupe.

Selon les premiers chiffres publiés par la professionnels, la vérité se situe entre ces deux positions. Le millésime 2012 des soldes est bon, meilleur que celui de 2011, mais pas excellent pour autant. Les consommateurs ont fait attention à leurs dépenses.

Au cours de la première quinzaine, les ventes d’habillement et de textile ont progressé en moyenne de 4 % , selon l’Institut français de la mode (IFM). Un chiffre qu’indique également Jean-Pierre Mocho, président de la Fédération française du prêt-à-porter. Sur cinq semaines, la Fédération nationale de l’habillement (FNH) qui regroupe les commerçant indépendants annonce elle des hausses de 3 % à 8 %. Mais son homologue des chaînes intégrées (de la Halle aux vêtements à H & M en passant par Kiabi ou C & A), la Fédération des enseignes de l’habillement (FEH) n’évoque qu’une progression modeste « comprise entre 1 % et 2 %  ». « Pour l’habillement, la consommation est difficile depuis juillet 2011 et au premier semestre 2012 on a vu le marché se contracter de 4,8 %. A cela s’est ajoutée une météo à contre-courant de la saison », indique le président exécutif Jean-Marc Genis. De leur côté, les centres commerciaux réunis au sein du CNCC, annonce une petite hausse de la fréquentation de 2,2 %.


Ralentissement dans l’e-commerce

Seul le commerce électronique semble véritablement tirer son épingle du jeu avec, selon la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad), citée par l’AFP, une hausse moyenne des ventes de 10 % sur les quatre premières semaines de soldes. Mais en 2011, la progression avait été de 20 % pour l’édition estivale. On assiste donc à un ralentissement de l’impact de cette période de promotion commerciale sur la Toile.


Si de nombreux commerçants, y compris des sites marchands comme le spécialiste de la chaussure Sarenza, mettent en cause les soldes flottants, qui diluent l’impact des soldes d’été et d’hiver, d’autres incriminent plutôt la baisse du pouvoir d’achat ou l’inquiétude des consommateurs face à l’avenir.Selon l’enquête de la CCIP, 42 % des commerçants parisiens estiment que le budget moyen des clients était en baisse.

Au final, les soldes sont moins moroses en 2012 qu’en 2011 quand l’IFM enregistrait un cruel -6 % pour les quinze premiers jours. « Nous sommes revenus au niveau d’il y a deux ans », estime Gérard Atlan, président du Conseil du commerce de France. Mais l’heure n’est pas pour autant à l’optimisme, alors que les commerçants attendent maintenant avec anxiété la période de la rentrée scolaire.

Philippe BERTRAND, Les Echos, le 31/07/2012

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