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Prêt-à-porter : les maillots Vilebrequin sous pavillon américain

04.09.2012, source : Les Echos.fr

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La transaction a été signée le 7 août en pleine torpeur estivale. Un timing somme toute idéal pour conclure la vente des maillots de bain Vilebrequin. Le fonds à capitaux d’origine indienne Fashion Fund I BV a cédé la marque au groupe américain G-III Apparel, un spécialiste du « life style ». Le groupe conçoit, fabrique et distribue les lignes sportswear et accessoires des marques Calvin Klein, Guess, Hilfiger. C’est aussi le licencié de grandes équipes de sport universitaires américaines et de fédérations comme la NBA.

Le prix d’achat s’élève à 85,5 millions d’euros, soit pas loin de 2 fois le chiffre d’affaires de Vilebrequin en 2011 (45,1 millions d’euros). Cette marque de luxe masculine occupe une très petite « niche » sur le marché du balnéaire, sur lequel règnent la grande distribution et des spécialistes du sport, comme Arena, Speedo ou Quiksilver.
Ambitions en Asie

Reconnaissables entre tous à leurs motifs imprimés et à leur grande étiquette bleue cousue sur l’arrière, les boxer-shorts Vilebrequin sont pour l’homme le pendant d’Eres, une marque féminine statutaire de Chanel. « Nous voulions posséder une marque mondiale [...] prédominante dans son secteur », a déclaré Morris Goldfarb, le PDG de G-III Apparel.

G-III a de l’ambition pour sa nouvelle acquisition. Le groupe a « débauché » le directeur général d’Hermès pour l’Amérique latine et les Caraïbes, Roland Herlory. Celui-ci deviendra PDG de Vilebrequin à compter du 1er septembre et fera équipe avec un autre ancien dirigeant de la grande maison de luxe, Christian Blanckaert, aujourd’hui à la tête du conseil de surveillance de Petit Bateau. Ce dernier présidera le nouveau comité stratégique de Vilebrequin.

Distribué dans 60 boutiques détenues en propre et par une centaine de franchisés et points de vente, Vilebrequin réalise encore l’essentiel de ses ventes en Europe et aux Etats-Unis. Roland Herlory veut la pousser en Asie, où l’homme est le « moteur » de la consommation d’articles de luxe. Nous avons « les moyens de mener à bien un programme ambitieux de développement de la marque », assure aux « Echos » Roland Herlory. Le dirigeant compte aussi étoffer la partie accessoires (draps de bain, tongs, lunettes...) et développer la ligne existante de produits hiver (doudounes notamment) de manière à réduire la saisonnalité des achats.


Valérie LEBOUCQ, Les Echos, 31/08/2012

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