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Prêt-à-porter : les familles Louis-Dreyfus et Arnault s'offrent Sandro et Maje

21.09.2010, source : Les Echos.fr

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L Capital et Florac, les fonds de « private equity » des familles Arnault et Louis-Dreyfus, ont pris 51 % des griffes de mode en plein essor Sandro, Maje et Claudie Pierlot.

Sandro et Maje, ces nouvelles locomotives de la mode française, passent sous le contrôle de L Capital, le fonds contrôlé par Bernard Arnault et sa famille, et de Florac, celui des Louis-Dreyfus. Associés à parité, ces deux spécialistes du « private equity » détiendront 51 %  de Groupe SMCP, le holding qui coiffe Sandro et Maje ainsi que Claudie Pierlot, la griffe rachetée l'an dernier. L Capital a déjà réalisé une vingtaine d'investissements depuis 2001, notamment dans la mode avec Gant et tout récemment Pepe Jeans et Hackett.

Les soeurs Evelyne Chetrite et Judith Milgrom, fondatrices respectivement de Sandro et de Maje, ainsi que les managers de SMCP (Frédéric Biousse et Elie Kouby, ex-actionnaires de Comptoirs des Cotonniers) conserveront 49 % du capital et continueront à animer le groupe. Objectif de cet élargissement du tour de table ? Franchir un nouveau cap et permettre aux trois enseignes de se déployer plus rapidement à l'international, en Europe et aux Etats-Unis puis en Asie.

Chouchou des grands magasins (Galeries Lafayette, Printemps, Bon Marché…), où leurs corners font la course en tête, Sandro et Maje ont depuis cinq ans entrepris de se doter de leur propre réseau de boutiques au rythme soutenu de 60 ouvertures par an (75 cette année). Idem pour Claudie Pierlot, actuellement en pleine relance avec un retour au style qui avait fait son succès dans les années 1980 : BCBG mais contemporain, à la fois raffiné et un brin bohème.

Si Evelyne - qui avait créé Sandro il y a une vingtaine d'années -a appris le métier à Judith, les deux soeurs partagent le goût d'une mode féminine dont la robe est la star. Très réactives, à la manière des opérateurs du Sentier, l'une et l'autre virtuoses dans l'art de capter les tendances, elles ont réussi à faire descendre dans la rue la mode des podiums dans toute sa diversité. Le prix moyen de leurs vêtements (de l'ordre de 160 euros) situe leurs griffes dans la catégories des marques dites « alternatives » et aspirationnelles. Un positionnement à mi-chemin entre les géants Zara et H&M et les marques de luxe ou les labels de créateurs hors de prix. Il s'avère payant en période de crise. SMCP affiche un taux de croissance moyen annuel de l'ordre de 30 %. Le groupe devrait réaliser un chiffre d'affaires consolidé de 180 millions d'euros en 2010, pour un total de 338 boutiques et 700 salariés.

SMCP a par ailleurs inauguré samedi dernier à Angoulême un nouveau concept de boutique hébergeant les trois marques. Baptisé Suite 341 (soit « trois pour un » en anglais de SMS), il cible en priorité les villes moyennes dont la clientèle ne permettrait pas de faire vivre des boutiques à l'enseigne de chacune. La prochaine Suite 341 devrait ouvrir d'ici à un mois à Brest. Si le test est réussi, une cinquantaine d'ouvertures sont programmées d'ici à deux ans. Suite 341 pourrait aussi se décliner dans les plus grandes villes comme Paris et à l'étranger.

La cession de Sandro-Maje-Claudie Pierlot illustre en tout cas combien est grande dans la mode la tentation de valoriser rapidement sa réussite en cédant le contrôle de ses affaires. C'est ce qu'ont d'ailleurs fait les actionnaires de deux autres « success stories », Gérard Darel et Comptoirs des Cotonniers…


Les Echos, Valérie LEBOUCQ, le 20.09.10

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