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Prêt-à-porter : la réussite insolente de l'enseigne Topshop

19.01.2013, source : Les Echos.fr

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Les Français en visite à Londres et voulant se faire bien voir auprès de leurs enfants adolescents n’ont qu’une adresse à retenir : Topshop, à Oxford Circus, ou Topman, la version pour garçons. Dans la grisaille du secteur de la distribution outre-Manche, cette enseigne de prêt-à-porter détenue par l’homme d’affaires Philip Green affiche une santé insolente. Comme en témoigne la valeur d’entreprise de 2 milliards de livres, en incluant une dette de 600 millions, révélée en décembre par une transaction sur son capital : un quart des actions ont été vendues pour 350 millions à Leonard Green & Partners, un groupe américain d’investissement dans le non-coté. Pas mal pour une mise de départ de Philip Green de 10 millions de livres en capital dans Arcadia, le holding de tête, il y a dix ans.

Topshop, qui totalise 464 points de vente dans 40 pays en comptant les franchisés, est perçu comme la preuve qu’on peut encore prospérer sur cette fameuse « high street » britannique, qui voit beaucoup de ses chaînes les plus connues faire faillite les unes après les autres. Les jeunes gens s’y arrachent pour des prix très abordables des vêtements résolument mode qui différencient la marque d’un Gap ou d’un Uniqlo, lesquels mettent davantage l’accent sur les basiques.

Développement à l’international

« Nous sommes constamment à la recherche de nouvelles tendances et nous introduisons plus de 300 nouveaux produits chaque semaine dans nos magasins, explique aux « Echos » Justin Cooke, le directeur marketing de Topshop. Ce qui nous distingue est un accent constamment mis sur l’innovation. » Si l’on croit les rumeurs, la saison de Noël s’est même aussi bien passée que lors des trois années précédentes.

Philip Green, le fondateur, qui a échoué dans la reprise de Marks & Spencer par deux fois, n’a pas toujours été étranger à la controverse : le vrai propriétaire de son empire est sa femme et elle est basée à… Monaco, un paradis fiscal. Il a quand même le titre de « sir », très chic lorsqu’il s’affiche avec Kate Moss. Même si cet homme petit et rond, haut en couleur, rentrerait difficilement dans les pantalons étroits et les chemises cintrées de Topman.

L’arrivée de Leonard Green au capital a, en partie, pour but d’accélérer le développement international. « Nous pourrions ouvrir un point de vente en France dans un futur proche ; nous sommes déjà très contents de notre site Web, en français, ouvert depuis deux ans », explique Justin Cooke.

Nicolas MADELAINE, Les Echos, 16/01/2013

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