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Prêt-à-porter : la marque American Apparel se rapproche de la faillite

09.04.2011, source : Les Echos.fr

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La marque d'habillement californienne a creusé ses pertes en 2010. Elle doit en plus faire face à un lourd endettement. L'entreprise est désormais menacée d'être radiée de la Bourse de New York.


Rien ne va plus pour American Apparel. La marque américaine d'habillement, prisée des adolescents, pourrait se déclarer en faillite. La société, cotée à la Bourse de New York depuis 2007, indique qu'elle fait « face à de fortes contraintes de liquidité ». Faute de trouver de nouveaux financements, elle pourrait être amenée à déposer le bilan. Ses difficultés, liées en partie à une expansion trop rapide de son réseau, ont été aggravées par la crise. Ainsi en une dizaine d'années, 285 magasins ont été ouverts par la société dans 20 pays, dont 11 en France. De lourds investissements que la société a financés par endettement. Son encours s'élève ainsi à 138,4 millions de dollars, pour une trésorerie qui atteignait, elle, 7,7 millions de dollars fin décembre.


Mais l'entreprise, connue pour fabriquer toutes ses collections aux Etats-Unis, a trouvé une autre forme de responsable à ses malheurs : les services d'immigration. En 2009, elle avait été condamnée par la justice à se séparer de 1 800 salariés sans papiers, sur un total de 10 000 employés.


Rappel à l'ordre

Autres raisons invoquées, le recul de la consommation. La société californienne a creusé ses pertes à 86,3 millions de dollars, pour un chiffre d'affaires de 533 millions de dollars en recul de 4,6 %. Deux des membres du conseil d'administration d'American Apparel ont démissionné vendredi. Tous deux étaient des représentants du fonds britannique Lion Capital, entré à son capital (18 % ) en 2009. Ce dernier avait alors prêté 80 millions de dollars à la société.


Ces départs ont été provoqués par le rappel à l'ordre, en début de semaine dernière, de la Bourse de New York, qui a enjoint American Apparel à publier ses résultats 2009 complets d'ici au 5 avril sous peine d'être retiré de la cote. Et ce « en y incluant des éléments financiers audités ». Le fabricant de vêtements doit « soumettre d'ici au 5 avril un plan pour mettre l'entreprise en conformité [...] d'ici le 20 juin », précisent les autorités boursières.


Dans un document remis par ailleurs à la SEC, la société a dévoilé que son fondateur, Dov Charney, qui fait l'objet de deux nouvelles plaintes pour harcèlement sexuel, a augmenté sa part dans l'entreprise en rachetant 1,8 million d'actions. Il détient au total 56,8 % du capital.


Dominique CHAPUIS, Les Echos, le 05.04.2011

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