Les secteurs

Prêt-à-porter : la lingerie enfièvre les jeunes créateurs

14.01.2013, source : Les Echos.fr

imprimer

Malgré le recul du marché de la lingerie, de nouvelles marques se lancent.

Une dizaine de nouvelles marques de lingerie se sont lancées l’an dernier, de Monette à Ysé ou Oups. Preuve de la créativité du secteur, alors que le marché lui est à la peine. En 2012, les femmes ont réduit leurs achats de dessous, après avoir serré leur budget habillement. Le chiffre d’affaires du secteur devrait reculer de 2,2 %, à 2,6 milliards d’euros, selon les estimations de l’Institut français de la mode (IFM) contre 2,68 milliards en 2011, où le secteur s’était redressé dans les derniers mois de l’année. « Jusqu’à présent, la lingerie était épargnée, car c’est un achat plaisir : les femmes se laissaient tenter malgré la crise, note Marie-Laure Bellon, présidente du directoire d’Eurovet. Cette fois, on a atteint un palier. »

Pas de quoi réjouir les professionnels qui vont se retrouver au Salon de la lingerie, à Paris, du 19 au 21 janvier. Même si la majorité d’entre eux tient le cap grâce aux exportations. Mais la France, premier marché en Europe, reste incontournable. Les femmes y consacrent le plus gros des dépenses, soit 97 euros en 2012. Ce budget s’élevait à 100 euros en 2010. Ce sont les jeunes entre 15 à 24 ans qui ont dépensé le plus (145 euros), devant les 45 à 54 ans.

Malgré tout, ce secteur est de plus en plus concurrentiel. Avec, à côté de PME familiales comme Chantelle ou Lise Charmel, des groupes internationaux comme DBA (Dim, Playtex…) et des marques issues de la mode. Stella McCartney, qui a lancé sa première collection lingerie en 2008, sera présente pour la première fois au Salon.

La lingerie continue aussi de susciter des vocations, avec l’entrée de nouveaux acteurs. « Il y a une prise de risque et la volonté de prendre sa place en misant sur un créneau particulier, souligne Taya de Reynies, directrice de la division lingerie d’Eurovet. Ces jeunes créateurs poussent aussi les marques installées à se remettre en cause. » Ysé propose ainsi des modèles pour les petites poitrines A et B. Oups by Sans Complexe s’est au contraire spécialisé sur les grands bonnets, avec pour cible les 18-30 ans. L’ancien mannequin Inès de La Fressange lance, elle, des nuisettes, soie et dentelle, et des vêtements de nuit inspirés des smokings.

Dominique CHAPUIS, Les Echos, 11/01/2013

Dernières actualités