Les secteurs

Prêt-à-porter : l'industrie du luxe résiste bien à la crise économique

11.08.2012, source : Les Echos.fr

imprimer

Les grands noms du secteur ont maintenu une croissance à deux chiffres au premier semestre, malgré la récession en Europe et le ralentissement de la croissance en Chine.

La crise, quelle crise ? Pour la troisième année d’affilée, l’industrie du luxe européenne continue d’afficher une progression à deux chiffres, en dépit des craintes suscitées par le ralentissement de l’économie chinoise et la récession en Europe. Fin juillet, LVMH (le numéro un mondial du secteur également propriétaire des « Echos ») et PPR avaient donné le ton en annonçant une progression de leur ventes semestrielles de 26 % pour le premier et de 30 % pour le pôle luxe du second. Hier, c’était au tour de l’italien Prada et du suisse Richemont de dévoiler des performances tout aussi scintillantes.

Le groupe suisse, propriétaire des marques Cartier, Lancel, Van Cleef et Jaeger, ne dévoilera ses résultats semestriels que le 9 novembre prochain. Mais sa croissance est telle, qu’il s’est déjà fendu d’un « profit warning » à l’envers pour annoncer que ses bénéfices devraient bondir de 20 % à 40 %. Sur les quatre premiers mois de son exercice 2012-2013, d’avril à fin juillet, ses ventes ont en effet grimpé de 24 %. Quant à Prada, l’ancien sellier italien, il a vu ses revenus grimper de 37 % au premier semestre, à 1,5 milliard d’euros, et même de 45 % en Asie.

De quoi donner tort aux Cassandre qui voyaient dans la relative contre-performance de Burberry au premier semestre (11 % de croissance du chiffre d’affaires), les prémices d’un retournement. Non seulement le marché chinois, devenu la locomotive du secteur, n’a pas décéléré, mais les touristes chinois ont aussi largement contribué à la croissance des magasins européens.

Chez Prada, les touristes représentent ainsi plus de 50 % du chiffres d’affaires des boutiques européennes et nord-américaines, tandis que la clientèle chinoise assurerait, au total, 60 % des ventes. LVMH réalise, pour sa part, 40 % de ses revenus en Asie - majoritairement en Chine -et Hermès, 45 %.


Ecarts de prix grandissants

Selon une étude du cabinet McKinsey, la Chine devrait ainsi devenir le deuxième marché mondial du luxe à l’horizon 2015, derrière les Etats-Unis et devant le Japon. Une tendance qui ne va cependant pas sans poser quelques problèmes aux industriels du luxe. Outre les écarts de prix grandissants entre les boutiques chinoises et européennes, leur exposition grandissante à un éventuel retournement du marché chinois est un motif d’inquiétude. D’autant que, après avoir encouragé le développement de la consommation tous azimuts, le gouvernement chinois veut désormais décourager les importations de produits de luxe. Pékin a ainsi récemment interdit l’achat de produits de luxe étrangers avec des fonds publics.


Une offensive dûment relayée, comme il se doit, par les médias nationaux. « De plus en plus de Chinois rejettent cette façon d’étaler leur richesse », affirmait ainsi récemment un article du « Quotidien du peuple » titré « Pourquoi les Chinois aiment-ils tellement Louis Vuitton ? ».


Bruno TREVIDIC, Les Echos, le 07/08/2012

Dernières actualités