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Prêt-à-porter : Ekyog, la marque 100 % bio, accélère les ouvertures

23.09.2010, source : Les Echos.fr

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Le leader français de la mode éthique va ouvrir sa 46 e boutique d'ici à la fin octobre. Ses vêtements sont entièrement fabriqués à partir de matières bio. Ses fondateurs estiment que leur modèle économique est viable.

Ekyog, la marque de prêt-à-porter 100 % bio, accélère son développement. Lancée en 2004, l'entreprise bretonne va ouvrir d'ici à fin octobre son 46 e magasin en France. Elle en détient un tiers en propre. « Depuis deux ans et demi, nous ouvrons plus d'une boutique par mois . Ce qui nous a permis de faire croître les ventes de 35 %  l'an dernier », relève Louis-Marie Vautier, président et cofondateur d'Ekyog avec sa femme, Nathalie. Le chiffre d'affaires reste modeste, à 8,7 millions d'euros, pour une marge nette comprise entre 1 % à 2 %. A nombre de points de vente comparable, la marque n'a cependant pas été épargnée par la crise l'an dernier et l'activité a fléchi.

«  Nous devrions atteindre une taille critique d'ici à la fin de cet exercice, avec une cinquantaine de boutiques au printemps, reprend le dirigeant, et des ventes à près de 15 millions d'euros. » La montée en puissance des magasins, qui ont nécessité plus de 15 millions d'investissement, est essentielle pour se faire connaître.

Ekyog a un modèle économique à part dans l'univers de la mode. Ses fondateurs se sont placés dès l'origine sur le créneau bio et éthique, «  avec la volonté de prouver que l'on peut être viable en faisant des vêtements dans l'air du temps, tout en respectant la nature et l'homme », insiste Nathalie Vautier. Pas facile à l'époque. Ils font d'abord appel à un producteur de coton bio en Inde. Aujourd'hui, la société travaille avec une dizaine de confectionneurs en Afrique de l'Ouest, en Inde et bientôt en Turquie.


Séduire au-delà des écolos

Mais Ekyog va plus loin : le transport s'effectue en bateau, et les boutiques sont « écoconçues », avec du bois certifié. Cet engagement a un coût : le coton bio et équitable est acheté 60 % plus cher que le conventionnel. Résultat, des prix qui vont de 40 euros pour un legging à 259 euros pour un gilet en alpaga. «  Plus de 50 % de notre offre est à moins de 100 euros », assure Nathalie Vautier.

Il y a deux ans, la marque a dû faire un virage, en travaillant davantage le style de ses vêtements, pour séduire au-delà des écolos. « Nous nous adressons au plus grand nombre, dit aujourd'hui Nathalie Vautier. Pour nos clientes, le caractère éthique constitue un plus. »

Pour l'heure, la part de la consommation de vêtements bio ou éthiques ne dépasse pas 1,5 % dans l'Hexagone. « Ce n'est que le début de l'histoire », assurent les fondateurs.

DOMINIQUE CHAPUIS, Les Echos, le 22.09.10

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