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Prêt-à-porter : des fonds se pressent au chevet de Vivarte

26.04.2014, source : Les Echos.fr

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Les négociations autour d’une solution de reprise du groupe Vivarte (André, Minelli, Caroll, La Halle, Kookaï, etc.) entrent dans le vif du sujet. Mi-avril, Marc Lelandais, le PDG du groupe de près de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires, a demandé aux créanciers de réduire de 2,8 milliards à 1 milliard la dette qui a servi au fonds Charterhouse et ses partenaires à racheter le groupe pour 3,5 milliards d’euros en 2007 et qu’il peine à servir. Il a également estimé qu’il fallait injecter 500 millions d’argent frais. Malgré cette exigence drastique, des contre-propositions des créanciers se dessinent déjà. Celles-ci dépassent le pur cadre de la renégociation financière et tendent vers des solutions de rachat de Vivarte. Les fonds actionnaires ont passé la valeur du groupe à zéro dans leurs livres, mais « n’ont pas laissé les clefs aux créanciers », indique une partie au dossier. Cependant, des fonds alternatifs, qui ont racheté de la dette aux créanciers classiques largement en dessous de sa valeur faciale depuis l’ouverture des négociations en conciliation, se disent déjà prêts à prendre les commandes.

Selon les informations des "Echos", plusieurs « hedge funds » ont manifesté leur intérêt. Angelo Gordon et Avenue Capital, des créanciers minoritaires, offrent de prendre le contrôle du groupe en injectant 450 millions d’euros. En contrepartie, il faudrait que les autres créanciers (une centaine) acceptent d’effacer 1,6 milliard d’euros de la dette qu’ils portent. Leur proposition comprend 500 millions d’euros des titres convertibles en capital qui permettrait à leurs partenaires de participer à un retour à meilleure fortune de l’entreprise, indique Bloomberg. « Cette proposition se veut ouverte. Il s’agit d’une offre de financement, plutôt qu’une offre de rachat stricto sensu », indique une partie au dossier.
Une opportunité

De fait, Oaktree, devenu l’un des principaux créanciers du groupe, prépare également une offre. Au moins un grand fonds d’investissement « traditionnel » a aussi visiblement manifesté un intérêt. Pour ce type de fonds courtisés en juin 2011 pour racheter Vivarte moyennant 4,2 milliards d’euros, c’est une opportunité, même si le groupe multi-marques a souffert de la baisse de consommation, des mauvaises conditions météorologiques et de sous-investissement dans une partie de son parc de magasins La Halle. Malgré le nouveau positionnement du groupe, le résultat brut d’exploitation (Ebitda) devrait encore accuser une division par deux à un peu plus de 200 millions d’euros à la fin de son exercice 2013-2014 clos en août. Une baisse qui serait liée en partie à la remise aux normes du paiement des fournisseurs, indique un proche du dossier. A l’horizon 2018, Marc Lelandais a promis que le groupe atteindrait une marge d’Ebitda sur son chiffre d’affaires de l’ordre de 10 à 12 %. Contacté, Vivarte n’a pas fait de commentaires.

Anne Drif, Les Echos, le 25/04/2014

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