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Pourquoi, en France, les tour-opérateurs souffrent plus qu'ailleurs en Europe

16.12.2012, source : Les Echos.fr

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Le marché français du voyage décroche au regard de la tendance européenne. L’allemand TUI Travel et le britannique Thomas Cook, les deux principaux voyagistes européens à travers leurs filiales françaises, mais aussi le groupe Pierre & Vacances Center Parcs, numéro un des résidences de loisirs sur le Vieux Continent, en témoignent au vu de leurs mauvais chiffres publiés récemment au titre de leur exercice 2011-2012.

Alors que l’activité des tour-opérateurs allemands est au beau fixe, que se confirme la reprise outre-Manche et que la tendance en Scandinavie est toujours bien orientée, en France la demande auprès des tour-opérateurs (TO) peine à repartir. Et pas seulement du fait du basculement d’une partie de la consommation touristique sur Internet, qui vaut aussi pour les autres marchés.

Plusieurs facteurs propres au marché français expliquent ces difficultés. Un facteur structurel d’abord : comme le montrent les statistiques européennes, les Français quittent moins leur pays que la moyenne dans l’Europe des 27, et par voie de conséquence consomment moins de voyages à forfait. Pour ne rien arranger, dans un contexte de crise, la France, qui ne manque pas d’atouts, a valeur de refuge, surtout si le vacancier peut profiter d’un « hébergement non marchand » (maison de famille, résidence secondaire…).

D’un point de vue conjoncturel, les TO tricolores souffrent de la surpondération de l’Afrique du Nord, qui représente un quart du trafic sur l’ensemble des destinations étrangères. L’impact du printemps arabe s’est fait sentir. En outre, les spécialistes du voyage-aventure sont pénalisés par l’insécurité dans le Sahel.

Par ailleurs, le marché français du « tour operating » tranche dans l’Europe des voyagistes. « Il reste éparpillé, et il n’y a pas cette intégration entre les tour-opérateurs et la distribution que l’on voit au Royaume-Uni ou en Allemagne », souligne, ainsi, Alain Capestan, l’un des dirigeants de Groupe Voyageurs du Monde. De fait, TUI Travel et Thomas Cook se partagent le marché belge, dominent en Grande-Bretagne et en Allemagne.

Lourdeur du taux de commission

La question de la distribution apparaît, enfin, très sensible. Unanimes, les TO critiquent la lourdeur du taux de commissionnement des agences de voyages, de l’ordre de 14 %. « Avec un taux inférieur de 3 à 4 points, on serait plus à l’aise », estime le PDG d’Asia, Jean-Paul Chantraine. D’autant que ces distributeurs tiers maîtrisent momentanément les sommes versées par leurs clients, donc leur trésorerie.

Les TO plaident enfin pour une rémunération à la performance, au lieu d’un barème homogène pour un même réseau.

Christophe PALIERSE, Les Echos, 12/12/2012

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