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Point S s'est épanoui à Lyon

31.07.2010, source : Les Echos.fr

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Le réseau indépendant spécialisé dans la vente de pneus a quitté en 2004 la région parisienne pour l'agglomération lyonnaise. Ce déménagement a réduit d'un quart environ ses coûts fixes tout en rapprochant l'enseigne de ses adhérents situés à plus de 90 % en province.


Né à Boulogne-sur-Mer en 1971, Point S a transféré son siège onze ans plus tard à Rungis (Val-de-Marne), puis à Goussainville (Val-d'Oise), à côté de Roissy. Son bail commercial venant à échéance en 2004, l'enseigne indépendante de distribution et pose de pneumatiques a décidé de quitter la région parisienne. « Nous voulions une ville bien desservie en moyens de communication ; d'autant qu'il est possible qu'un jour nous rouvrions une plate-forme logistique », commente Christophe Rollet, directeur général. L'agglomération lyonnaise, où ce dernier résidait à titre personnel, s'est vite imposée comme le meilleur choix. Ce faisant, il estime avoir économisé entre 20 et 25 %  tant au niveau de la location immobilière que des salaires, à postes identiques. Des gains redéployés sur d'autres actions et notamment la promotion du réseau. Au-delà, ce transfert en région représentait un signe fort à l'égard des adhérents (les garagistes) « situés à plus de 90 % en province. Nous cessions d'être perçus comme des Parisiens, ce qui a contribué à démocratiser l'image de notre marque », reconnaît le dirigeant. Pour ce qui est de l'accueil, il a apprécié les services (gracieux) de l'Aderly (Agence de développement de la région lyonnaise) pour trouver des bureaux et accompagner les familles dans la recherche de leur logement et des écoles pour leurs enfants. A l'époque le siège employait 25 collaborateurs. « Sur les douze qui occupaient des fonctions sédentaires, cinq nous ont suivi ainsi que la totalité des dix-sept commerciaux sur le terrain », se souvient Christophe Rollet. Il assure n'avoir rencontré aucune difficulté sur place pour recruter les compétences nécessaires sachant que, depuis, l'équipe s'est étoffée et compte aujourd'hui 31 personnes. Pour Rémi Carré, cette « délocalisation » a été l'occasion de monter en grade dans l'entreprise. A l'époque en charge des activités de reprographie, il est désormais attaché de direction et responsable informatique et juridique. Son poste actuel « était occupé par une personne proche de la retraite qui, pour différentes raisons, n'a pas voulu quitter Paris. Une telle promotion ne se refuse pas même si cela n'a pas été évident au début », précise ce collaborateur de 38 ans qui a commencé dans la société au bas de l'échelle, au service courrier. Natif de Pantin, il se dit soulagé de ne plus avoir à subir l'enfer de la circulation parisienne et sa femme, aide-soignante, n'a pas eu de mal à retrouver un travail aux Hospices civils de Lyon.

Dans un premier temps, l'entreprise s'est installée boulevard Stalingrad à Villeurbanne (Rhône), dans un immeuble partagé avec d'autres sociétés. Tout récemment, elle a emménagé rue Curie, dans le 6 e arrondissement de Lyon où elle occupe l'intégralité d'un bâtiment de 1.500 mètres carrés situé non loin du quartier d'affaires de la Part-Dieu. « En moins de deux heures de TGV, nous sommes à Paris. Et l'aéroport Lyon-Saint-Exupéry nous offre des connexions aériennes directes avec la plupart des pays où la marque s'implante », apprécie-t-il. Depuis Lyon, Point S pilote 400 points de vente dans l'Hexagone, ayant totalisé 385 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2009. Egalement localisé à Lyon, Point S Développement, filiale partagée avec un associé allemand pour conquérir l'étranger, nourrit aussi de fortes ambitions. Déjà tête de pont de 1.400 points de vente (à l'international), elle vient d'annoncer son arrivée en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas.


MARIE-ANNICK DEPAGNEUX, Les Echos, le 30.07.10

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