Les secteurs

PME : la première radiographie des cessions et transmissions d'entreprise

12.12.2011, source : Les Echos.fr

imprimer

En 2010, 5,9 % des PME et ETI, soit 12.300 d’entre elles, ont connu une opération de cession ou de transmission, selon BPCE L’Observatoire. L’étude pointe les conséquences du vieillissement des dirigeants. Plusieurs centaines d’entreprises en bonne santé disparaissent chaque année.

En matière de développement des entreprises, le quinquennat qui s’achève aura plutôt donné la priorité à leur début de vie - via notamment la création du régime des autoentrepreneurs. L’étude BPCE L’Observatoire publiée ce matin se concentre sur une étape moins étudiée : la cession-transmission. Alors que les évaluations du phénomène ont toujours donné lieu à des extrapolations statistiques, le premier mérite de cette étude est de produire une analyse précise et à jour du phénomène. L’an dernier, 12.315 entreprises, soit 5,9 % des 207.600 PME (de 10 à 249 salariés) et ETI (de 250 à 4.999 salariés) ont connu une opération de cession-transmission, indique-t-elle après avoir croisé les sources disponibles. Sur ce nombre, 1.699 ont changé de mains au sein d’une même famille. Les opérations mesurées l’an dernier ont concerné, dans 71 % des cas, des entreprises de 10 à 49 salariés, mais 18 % des ETI ont connu une opération de cession-transmission en 2010.

Au-delà des statistiques, l’étude démonte quelques idées reçues. « La représentation traditionnelle des cessions-transmissions associées à des événements de fin de vie professionnelle n’est plus conforme à la réalité de ce phénomène », notent les auteurs. Une situation liée à des changements structurels : « De 1997 à 2009, la proportion de PME appartenant à un groupe est passée de 21 % à 52 %. » Or les groupes cèdent plus facilement leurs entreprises : le taux de cession des entreprises appartenant à une personne morale est près du double de celui des sociétés appartenant à une personne physique (11,2 % contre 6,1 % ). « D’une opération intervenant pour l’essentiel en fin d’activité professionnelle, [la cession] est devenue tout autant une opération technique d’ajustement du portefeuille d’activités ou de la gouvernance de l’entreprise ou bien une décision de modifier le type d’activité professionnelle du cédant », analysent les auteurs.


« Un enjeu pour la croissance »

En parallèle, toutefois, l’étude pointe le vieillissement des dirigeants d’entreprise : la part des plus de 60 ans a progressé de 6 points entre 2001 et 2010. Et si l’étude ne conclut pas entre un choix délibéré ou contraint « faute de possibilité de cession satisfaisante », elle note tout de même que les intentions de cession ou de transmission se sont plutôt renforcées chez les dirigeants âgés. Les dirigeants de 66 ans et plus représentent désormais 780.000 emplois dans 12.600 entreprises. Ce qui présente plusieurs risques : la productivité réduite de ces entités pourrait peser sur la croissance moyenne des PME. L’étude note en effet que les stratégies des dirigeants de PME sont souvent « prudentes avant la phase de cession-transmission, plus dynamiques après la reprise de la PME », ce qui en fait « un enjeu pour la croissance ». Et si trop de sociétés se retrouvaient sur le marché de la cession en même temps, il pourrait y avoir plus de morts naturelles d’entreprises, anticipent les auteurs, qui estiment d’ailleurs déjà que « quelques centaines de PME, a priori en bonne santé, disparaîtraient sans reprise chaque année en France ».


Veronique LE BILLON, Les Echos, 09/12/2011

Dernières actualités