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Photovoltaïque : la filière solaire veut quadrupler ses objectifs

03.11.2011, source : Les Echos.fr

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Au lieu de l’objectif du Grenelle de 5,4 gigawatts (GW) à l’horizon de 2020, les professionnels français du photovoltaïque proposent d’installer 20 GW. Cela entraînerait la création de 100.000 emplois non délocalisables dont 12.000 dans l’industrie, justifient-ils.

A l’heure où la France réexamine sa politique énergétique, la filière solaire fait entendre sa voix. Hier, les associations professionnelles, regroupées dans les états généraux du solaire photovoltaïque, ont appelé à multiplier par quatre les objectifs de la France. « Au lieu de l’objectif du Grenelle de 5,4 gigawatts (GW) à l’horizon de 2020, nous proposons 20 GW », a annoncé Loïc de Poix, responsable de l’Association des industriels du photovoltaïque français (AIPF). Cet objectif revient à multiplier par 20 les capacités existantes.

Après un essor euphorique, le secteur a souffert ces derniers mois d’une situation marquée par l’instabilité du cadre réglementaire - avec un moratoire et 4 arrêtés tarifaires en cinq ans - la limitation des volumes et des tarifs et les barrières administratives. Après avoir fait émerger une filière forte de 25.000 emplois entre 2007 et 2010, les professionnels estiment que ces conditions ont entraîné la suppression d’environ 10.000 emplois.

Mais sept mois après la catastrophe nucléaire de Fukushima, qui a entraîné un débat en France sur le « mix » énergétique, la filière solaire veut pousser ses pions. Et interpeller les candidats à six mois de l’élection présidentielle...

Les professionnels ont des arguments à faire valoir. Premièrement, l’emploi. « L’objectif de 20 GW entraînera la création de 100.000 emplois non délocalisables dont 12.000 dans l’industrie », selon Loïc de Poix. L’essentiel serait issu d’activités de conception ou d’installation de panneaux, d’exploitation, de maintenance ou de financement. Un gros dixième serait des emplois industriels, avec des usines d’équipement, de silicium ou encore de couches minces. A titre de comparaison, la filière nucléaire revendique 100.000 emplois directs et autant d’indirects.

L’Etat avait raboté les tarifs de rachat du photovoltaïque, estimant que le boom de la filière profitait d’abord à ses fournisseurs chinois, qui fabriquent les panneaux les moins chers.


Energie compétitive

En période d’austérité budgétaire, la filière veut aussi défendre sa compétitivité, jusqu’ici controversée. Grâce aux progrès technologiques et aux économies d’échelle, elle estime que l’électricité photovoltaïque « sera compétitive vis-à-vis de l’électricité fournie par le réseau » d’ici à 2016 ou 2018 selon les installations. Autrement dit, il ne coûterait pas plus cher de consommer de l’électricité photovoltaïque que du courant produit à base de nucléaire ou de gaz, selon les états généraux du solaire.

De quoi réduire l’impact sur la facture du consommateur, qui paie la contribution au service public de l’électricité (CSPE) servant notamment à financer les énergies renouvelables.

« Grâce à la dégressivité des tarifs, même avec un parc de 20 GW, le poids du photovoltaïque dans la CSPE ne dépassera pas 2 milliards d’euros », estime Raphaël Claustre, directeur du Comité de liaison énergies renouvelables. Selon la Commission de régulation de l’énergie, les charges dues au photovoltaïque devraient représenter environ 1 milliard d’euros en 2011.


Thibaut MADELIN, Les Echos, 28/10/2011

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