Photo d'art : comment Yellow Korner s'est exporté dans le monde

2017-11-07T18:04:00+02:00

07.11.2017, 


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La start-up créée il y a dix ans exploite désormais 90 galeries sur les cinq continents. Elle entend poursuivre ce développement sur internet.

Demander à de grands photographes d’accepter des tirages importants (de 100 à 5 000 exemplaires) de leurs oeuvres, pour les rendre accessibles à un grand nombre : tel est le concept imaginé il y a dix ans par Yellow Korner. Aujourd’hui la start-up qui réalise 40 millions d’euros de chiffre d’affaires et emploie 250 personnes, compte 90 galeries (65 % en franchise) dans 25 pays lesquelles accueillent 8 millions de visiteurs par an. Les petits prix, de 35 à 3 500 euros, le choix des encadrements, la qualité des artistes sélectionnés, ont séduit les acheteurs.

Outre des emplacements de boutiques soigneusement choisis, généralement à proximité des galeries d’art, des boutiques de décoration, dans les halls de gare très fréquentés, la stratégie de Yellow Korner consiste aussi à se positionner comme un acteur culturel, éditant des catalogues, organisant des événements avec les photographes, dans ses points de vente. Ainsi pendant la foire d’art Paris Photo, l’artiste américain Eliott Erwitt viendra effectuer une séance de dédicaces chez Yellow Korner, à Saint-Germain-des-Prés, le 9 novembre, puis le 16 ce sera le tour de Matthieu Ricard que l’enseigne a contribué à révéler en tant que photographe. En janvier, les vitrines des galeries seront aux couleurs de la campagne de lutte contre le trafic d’ivoire menée par l’artiste Arno Elias.

300 photographes

Yellow Korner mise aussi sur le mécénat ou le partenariat avec des manifestations ou institutions culturelles reconnues. « Nous participons désormais aux Journées Européennes des Métiers d’art car nous avons créé notre propre laboratoire professionnel il y a deux ans à Cracovie ainsi qu’un atelier d’encadrement pour répondre à la diversité de choix des clients comme des photographes eux-mêmes », confie  Alexandre de Metz cofondateur avec Paul-Antoine Briat, de Yellow Korner. « Nous sommes également mécènes des Rencontres d’Arles, le plus grand festival de photo au monde, depuis trois ans », poursuit-il. Une bonne façon aussi pour l’entreprise de repérer les jeunes pousses prometteuses.

« Nous mettons en avant 300 photographes dans nos galeries. Aujourd’hui 80 % sont des jeunes qui se lancent et que nous accompagnons. Nous nous appuyons sur un comité de sélection professionnel pour les choisir », précise Alexandre de Metz. Outre la poursuite de son développement international (la France représente encore 30 % de l’activité), Yellow Korner va centrer ses efforts sur son site internet, qui devrait représenter 45 % du chiffre d’affaires d’ici à 2020 contre 25 % aujourd’hui. La start-up qui est détenue à 30 % par ses fondateurs aux côtés de fonds d’investissement et de business angels dont Pierre Kosciusko-Morizet, estime avoir les moyens d’une croissance à rythme soutenu.

Martine ROBERT, Les Echos, le 31/10/2017

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