Les secteurs

Patrons mécènes : Johannes Tryba au secours des enfants d’Asie

15.07.2014, source : Les Echos.fr

imprimer

Le PDG du groupe de menuiserie Tryba s’investit au Vietnam. Ses salariés aussi.

Des sculptures ramenées du bout du monde et des figurines de l’art premier ornent son bureau et ses salles de réunion. Mais pour Johannes Tryba, la « déco » ne prend réellement de sens qu’accompagnée d’un engagement sociétal et humaniste. En l’occurrence, en faveur des enfants d’Asie. C’est son choix, mais aussi celui des 1 860 salariés de son groupe, leader sur le marché européen de la menuiserie. Et ce combat qu’il mène avec la complicité de son épouse Ingrid a pour cadre principal le Vietnam et pour vecteur la fondation Tryba : "A world for children". Avec au minimum chaque année un budget de 300 000 euros, abondé par le personnel et les concessionnaires.

« Entre riches et démunis, l’écart est gigantesque, criant. Et plus encore dans des pays comme le Vietnam où le seul moyen pour les pauvres de s’en sortir est l’école, la formation », relève le dirigeant. Et il sait de quoi il parle. Lui-même, alors jeune menuisier allemand de Baden-Baden, avait commencé au bas de l’échelle en 1980 pour créer son groupe depuis Gundershoffen, en Alsace. L’entreprise compte aujourd’hui 20 usines et affiche un chiffre d’affaires de 420 millions d’euros. Depuis belle lurette, Tryba était d’ailleurs connu en Alsace comme l’un des industriels les plus généreux, en particulier avec les ONG comme Médecins sans frontières et Emmaüs.

Un engagement citoyen

 Bien qu’il soutienne toujours une soixantaine d’associations, le groupe a voulu s’engager cette fois en direct, sur des projets précis. Mais pas question pour lui de mélanger les genres. Si Tryba, pour faire vivre ses usines et son réseau de concessionnaires, dépense des fortunes en pub, l’engagement social se fait dans la discrétion. « On agit par conviction, pas pour soigner notre image, c’est un engagement citoyen de l’ensemble des salariés de notre groupe, cela fait partie de nos gênes, de notre culture d’entreprise », insiste le dirigeant. A cet égard, le choix de cibler son action sur le Vietnam, via la fondation créée en 2008, a déjà permis à de nombreux collaborateurs de participer, sur le terrain, aux programmes de formation en faveur des jeunes Vietnamiens. Chaque année, dix à douze salariés font le voyage et donnent, par exemple, des cours d’anglais pendant quinze jours. Une semaine est prise sur les congés, l’autre offerte par l’entreprise. Sur place, chacun se débrouille par ses propres moyens, mais les parrainages d’enfants et l’organisation des cycles de formation sont gérés localement par une congrégation de sœurs catholiques, avec le soutien de l’association Enfants d’Asie.

Régulièrement, des ventes d’anciens matériels sont organisées pour alimenter cette cagnotte de la solidarité. « Nos collaborateurs sont de plus en plus motivés, ils assistent nombreux aux réunions organisées deux fois par an pour faire le point sur ces actions de solidarité », observe le président du groupe qui lui-même suit régulièrement les opérations sur le terrain. Actuellement, il cherche à envoyer au Vietnam un volontaire durant six mois pour monter un projet d’aide à la rénovation des logements. Un nouveau défi qu’il va tenter de relever en sollicitant les fournisseurs du groupe.

Lundi, Norbert Fradin, Les Echos, le 10/07/2014.

Dernières actualités