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Patrons de TPE : ceux qui dépriment, ceux qui gardent un moral d'acier

18.04.2013, source : Les Echos.fr

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55 % des patrons de TPE sont plutôt en dessous de leurs objectifs, selon le baromètre BVA-Aviva.

Avec une croissance en panne depuis maintenant deux ans, des marges au plus bas et des carnets de commandes désespérément peu garnis, c’est peu dire que les entreprises se sont gardées de se fixer des objectifs trop audacieux pour 2013. Et pourtant… Les premiers mois ont été encore plus difficiles que prévu. Selon le dernier baromètre BVA-Aviva pour « Les Echos », publié aujourd’hui, plus de la moitié (55 % exactement) des travailleurs indépendants et des patrons de TPE indiquent déjà être « plutôt en dessous » de leurs objectifs financiers (chiffre d’affaires, résultat net). La désillusion est grande : en octobre dernier, lors du précédent baromètre, ils n’étaient « que » 44 % à avoir des résultats inférieurs à leur plan de marche.

Le blues des artisans et des petits commerçants

Sans surprise, ce mauvais début d’année pèse sur leur moral : un tiers seulement des sondés sont « plutôt plus confiants » concernant l’avenir de leur propre activité (- 2 points). Reste que tous les indépendants ne sont pas logés à la même enseigne. « Si le moral des Français est unanimement bas, les professionnels, eux, ont un niveau de moral très différent selon leur secteur ou leur domaine d’intervention », note Gaël Sliman, directeur général adjoint de BVA. Les plus inquiets sur l’avenir de leur activité sont les professionnels de l’automobile (75 % sont plutôt moins confiants) et du commerce (68 % ). Sans surprise, ce sont aussi ceux qui sont les plus en retard par rapport à leurs objectifs du premier trimestre. L’angoisse est forte dans la restauration et l’hôtellerie : 54 % des sondés déclarent être plutôt en dessous de ce qu’ils imaginaient.

Inversement, certains ne connaissent pas la crise et ont le moral au beau fixe ! Mais ils sont bien moins nombreux : ce sont ceux qui travaillent dans des start-up informatiques (62 % sont confiants), dans l’e-commerce (51 % ) ou encore les professionnels de santé (médecins, infirmières libérales). « Les professions libérales en général et les petits patrons de sociétés technologiques conservent un moral d’acier, quand les artisans et petits commerçants broient du noir », résume Gaël Sliman.

Crise et fiscalité inquiètent

Parmi les facteurs qui préoccupent le plus, deux se détachent. Bien moins que l’évolution du coût du travail ou des coûts externes (les matières premières, par exemple), c’est l’impact d’une crise dont on ne voit toujours pas le bout du tunnel qui inquiète. Elle est citée comme première préoccupation par 30 % des sondés. Arrive très vite derrière, l’évolution de la fiscalité, mise en avant par un quart des sondés (18 % à l’automne dernier).

Si les difficultés sont là, ces professionnels ne changeraient pour rien au monde leur statut d’indépendant : 70 % se déclarent satisfaits d’exercer leur profession. Et même dans les secteurs les plus touchés, ce sentiment reste majoritaires : 51 % des professionnels de l’automobile sont encore satisfaits.

Frédéric SCHAEFFER, Les Echos, 16/04/2013

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