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Parfumerie : Interparfums et Burberry pourraient créer une société commune de parfums

25.12.2011, source : Les Echos.fr

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Le groupe de luxe britannique et Interparfums sont en discussion en vue de créer une société commune de parfums. En cas d’échec, ce dernier pourrait perdre la licence de la marque anglaise, ou, au contraire, voir son contrat se poursuivre jusqu’en 2017.

Le remariage ou le divorce. Dans sept mois, Interparfums et Burberry décideront de poursuivre ou non leur collaboration engagée il y a près de vingt ans. Mais les termes du contrat seront dans tous les cas revus. Et l’hypothèse du divorce est clairement envisagée, ce qui a fait plonger de 13,6 % le titre d’Interparfums hier à la Bourse de Paris. Cette licence est capitale pour la société, qui réalise 57 % de son chiffre d’affaires avec la marque au tartan.

Les deux entreprises ont engagé des discussions « pour la création d’une nouvelle entité opérationnelle dédiée à l’activité parfums et cosmétiques », ont-elles annoncé hier. Mais, dans la perspective d’un désaccord sur les modalités de ce partenariat, Burberry a exercé l’option de rachat de sa licence, dont la date butoir était fixée fin 2011. Ce qui va lui permettre d’évaluer le prix à payer à Interparfums pour reprendre sa liberté, un montant estimé à 200 millions d’euros par les analystes.

La marque de luxe dispose encore d’un délai, dont la date limite a été fixée à fin juillet 2012, pour finaliser cette opération ou - c’est le troisième scénario possible - poursuivre le contrat existant jusqu’à son terme fin 2017. « Nous avons avancé d’un pas. Nous allons pouvoir commencer dès janvier à travailler sur un plan de route précis », indique Philippe Bénacin, le PDG d’Interparfums.


Un succès annoncé

L’objectif de la future coentreprise est « d’optimiser le potentiel de la marque » à la fois dans les parfums et les cosmétiques. Les 8 jus féminins et masculins de la marque au tartan ont généré 210 millions d’euros de vente l’an dernier, soit une hausse de 13 %. Le lancement en septembre dans le monde entier de Burberry Body s’annonce déjà comme un succès. En trois mois, ce nouveau parfum a déjà rapporté quelque 45 millions d’euros. Une ligne de maquillage a aussi été lancée depuis l’été 2010.


Le groupe britannique veut encore accélérer au niveau mondial. Surtout, à l’image des grandes maisons de luxe comme Chanel, Dior ou Hermès, il souhaite reprendre le contrôle sur ses fragrances. Cette reprise en main des licences a été menée depuis 2006 par la nouvelle patronne, Angela Ahrendts. Burberry n’en compte plus que trois pour les parfums, les lunettes et les montres.

Mais internaliser la création de fragrances demande un vrai savoir-faire. La mise sur pied d’une coentreprise avec Interparfums permettrait au britannique de continuer à s’appuyer sur son licencié. Reste à savoir qui aura la majorité dans l’entité commune. Philippe Bénacin, le dirigeant d’Interparfums, souhaite conserver « le contrôle opérationnel ». Pas sûr que Burberry soit d’accord.


Dominique CHAPUIS, Les Echos, 21/12/2011

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