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Paiement : les entreprises tardent à adopter le prélèvement européen

10.12.2012, source : Les Echos.fr

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Le 1er février 2014, tous les virements et prélèvements dans la zone euro devront adopter un standard unique. Seules 30 % des entreprises européennes sont prêtes.

Le compte à rebours est lancé. Dans 422 jours, le 1 er février 2014, tous les virements et les prélèvements intervenant dans les 17 pays de la zone euro devront avoir basculé dans un standard commun afin de donner corps à l’espace unique des paiements européens ou Sepa (pour Single european payment area). L’objectif est de permettre à cette date aux entreprises de la zone euro - puis à partir du 31 octobre 2016 à celles de 11 autres pays européens - d’opérer des virements et des prélèvements dans les mêmes conditions. Par conséquent, il ne sera plus possible de faire des virements ou des prélèvements dans les formats nationaux actuels.

Risque d’un retour aux chèques

C’est tout le problème : alors que le virement est utilisé par plus de 9 entreprises sur 10 et que le prélèvement l’est par plus de 1 sur3, peu ont déjà adopté le nouveau format Sepa. Ces standards ont pourtant été mis à la disposition des entreprises par les banques depuis janvier 2008 pour le virement et depuis novembre 2010 pour le prélèvement. Mais, étant encore optionnels, les virements Sepa ne représentent en France que 20 % du volume des virements, tandis que les prélèvements européens n’atteignent même pas 1 % du volume total. Il faut dire que seules 31 % des entreprises déclarent avoir migré ou être en cours de migration vers le prélèvement Sepa, selon une enquête de l’institut de sondage CSA, réalisée pour Steria en partenariat avec le cabinet de conseil Edgar Dunn, auprès de 300 entreprises en France, en Allemagne et au Royaume-Uni. 30 % des sociétés allemandes et françaises interrogées n’ont même pas commencé à planifier leur migration…

« Ce retard est préoccupant car cela revient à vouloir faire marcher avec du diesel une voiture dont le moteur n’accepte que du super, cela ne peut pas fonctionner », explique Willy Dubost, directeur du département systèmes et moyens de paiement à la Fédération bancaire française (FBF). Dans ce contexte, « le plus grand risque est de voir les entreprises recourir massivement au chèque en 2013 pour obtenir malgré tout le règlement de leurs factures », anticipe Olivier Bornecque, président honoraire de l’Association française des trésoriers d’entreprise (Afte) et directeur gestion de trésorerie chez Aviva. Le meilleur moyen d’éviter une telle régression par rapport à l’objectif du Sepa semble de sensibiliser les dirigeants d’entreprise. Selon l’étude de Steria, 3 sur 10 ne connaissent en effet ni le Sepa ni les impacts qu’il peut avoir sur leur activité.

Plus étonnant, 21 % des entreprises interrogées utilisant le prélèvement n’ont jamais entendu parler du Sepa. Les moins au fait semblent être les petites et moyennes entreprises : 52 % d’entre elles n’ont pas encore commencé leur migration, alors qu’elles représentent 30 % du volume des prélèvements en France. Coprésidé par la Banque de France et la FBF, le comité national Sepa a donc entrepris cette année un tour de France des principales villes pour mettre les acteurs économiques en alerte.

Un miniguide intitulé « Préparez-vous au virement Sepa » est aussi disponible sur le site de la FBF. Sa consultation doit être sur la liste des bonnes résolutions des entreprises européennes pour le début 2013.

Ninon RENAUD, Les Echos, 05/12/2012

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