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P. Peyrard (Atol) : « C'est la croissance du marché qui a rendu possible l'élargissement de la distribution »

28.09.2013, source : Les Echos.fr

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Philippe Peyrard, directeur général délégué du réseau d’opticiens Atol, répond aux questions des Echos sur les prix pratiqués dans l’optique. Pour rappel, Atol est le quatrième réseau français d’opticiens, avec 806 magasins et 400 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Que répondez-vous à la Cour des comptes qui stigmatise le nombre d’opticiens ?

Je suis surpris de constater que le rapport établit des comparaisons, avec les Etats-Unis, par exemple, à partir de chiffres erronés. La Cour oublie les 35.000 optométristes qui outre-Atlantique vendent des lunettes correctrices. Si on les prend en compte, on aboutit à une moyenne équivalente d’environ un magasin pour 6.000 habitants.


La hausse de 43 % en dix ans du nombre de magasins d’optique en France est-elle pour autant justifiée ?

Le nombre de Français de plus de 45 ans qui ont besoin de verres progressifs a augmenté de 20 % sur la période et la généralisation du travail sur écran entraîne une « myopisation » des jeunes. C’est la croissance du marché qui a rendu possible l’élargissement de la distribution. Une distribution qui est beaucoup plus concurrentielle qu’en Angleterre ou en Allemagne, avec 5 enseignes pour 50 % du marché, contre 2 ou moins dans ces pays.


Pourquoi, alors, le prix des lunettes est-il plus élevé dans notre pays ? Les marges des opticiens ne sont-elles pas trop élevées ?

Parce que 90 % de la population sont couverts par une complémentaire de santé qui coûte de 100 à 150 euros par mois. Les gens en veulent pour leur argent. Ils font le choix d’un équipement de qualité et plus coûteux. C’est pourquoi ils acceptent même d’acquitter un reste à charge correspondant à 35 % du prix. Reproche-t-on aux Allemands de consacrer en moyenne 28.000 euros à l’achat d’une voiture, contre 22.000 euros pour les Français ?

Quant à nos marges, elles sont en brut de plus de 60 %, mais intègrent, outre l’achat des marchandises, 28 % de frais de personnel et 20 % de frais de loyer. Au final, nos marges nettes ne sont que de 5 % . Il faut comprendre aussi que l’intérêt des complémentaires, qui vivent en prélevant une redevance de fonctionnement sur les primes de leurs membres, est que la masse des remboursements soit la plus élevée possible. Car cela entraîne automatiquement une hausse des cotisations.

Philippe BERTRAND, Les Echos, 26/09/2013

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