Optique : le multicanal s'impose aux opticiens

08.10.2014, source : Les Echos.fr

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La plupart des enseignes d'optique ouvrent leurs sites, mais veulent renvoyer les clients vers leurs magasins.

Début septembre, sur le plateau de « L’Invité des Echos », Alain Afflelou annonçait se lancer dans la vente de lunettes sur Internet avec un système d’essayage virtuel « exceptionnel ». Un coup de com alors que le site, qui pourrait ne pas porter le nom d’Afflelou et sur lequel planchent les équipes du franchiseur d’opticiens depuis Londres, n’ouvrira pas avant février.

Mais l’initiative, faute d’avoir encore une traduction concrète, montre que les opticiens traditionnels ne peuvent plus désormais négliger le commerce électronique alors que les ventes d’optique ont baissé de 2,1 % entre juin et août, selon le site d’information spécialisé de référence Acuité.

Lors de la discussion de la loi Hamon, qui visait à faciliter le développement de l’e-commerce de l’optique, le ministère de la Consommation se fixait comme objectif la prise de 10 % du marché par le commerce électronique grâce à des prix inférieurs de 30 % à 40 % à ceux des commerçants traditionnels. Malgré les initiatives de spécialistes de la Toile comme Marc Simoncini, le fondateur de Meetic, qui a lancé Sensee, ou de poids lourds de la distribution comme Leclerc, qui a créé Optique-leclerc. com fin 2013, la vente de lunettes sur Internet balbutie. La plupart des acteurs ne vendent presque que des lentilles de contact. Leur renouvellement est régulier et elles peuvent s’expédier par La Poste. Alain Afflelou a d’ailleurs amorcé sa conversion au numérique avec Affleloustore. com, qui ne traite que de contactologie.

Un showroom Sensee

Globalement, la profession a lutté bec et ongles contre tout ce qui pouvait rendre plus aisée la vente sur le Web. Et notamment l’inscription de l’écart pupillaire sur les ordonnances, une mesure que, jusqu’à présent, l’opticien effectuait lui-même. « L’opticien ne mesure pas que cela, expliquait encore en 2013 aux « Echos » la déléguée générale du Synope, le syndicat professionnel. Il prend également des mesures de hauteur, et plus généralement adapte parfaitement les montures, qui sont toutes différentes, à la morphologie du patient. »

Quant à Essilor, le leader de la fabrication des verres, il a longtemps empêché l’utilisation de sa marque sur le site Sensee. Aujourd’hui, la plupart des réseaux d’opticiens ont leur site, mais, comme Leclerc d’ailleurs, obligent le client à prendre livraison de sa commande dans les magasins afin de ne pas faire perdre d’activité à ces derniers. De son côté, Sensee a entrepris d’ouvrir un showroom boulevard Haussmann à Paris. Le signe que c’est par le biais du multicanal que s’opérera la révolution numérique dans l’optique.

Philippe BERTRAND, Les Echos, le 26/09/2014

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