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Optique : le français Atol finance l'expansion de son réseau

27.06.2012, source : Les Echos.fr

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Atol veut donner un coup de pouce aux jeunes opticiens. Pour accélérer le développement de son réseau, le groupe coopératif a monté sa propre structure de financement, baptisée « Archipel  ». Basée à Beaune (Côte-d’Or), où est installée l’unité de montage de lunettes du groupe, cette structure est dotée d’un capital de 2 millions d’euros. Son objectif : aider les jeunes diplômés qui veulent ouvrir leur magasin.

« Nous avons déjà monté une dizaine d’affaires de Valenciennes à Agen, précise Philippe Peyrard, directeur général délégué d’Atol. Ce coup de pouce nous permet d’être sur la même ligne de départ que nos concurrents pour saisir les opportunités dans les centres commerciaux.  »

Atol n’est présent que dans 10 % de ces temples de la consommation. Car la mise de fonds pour lancer l’activité y est très élevée : elle peut aller jusqu’à 1 million d’euros. « Dans le Nord, nous avons aidé un jeune patron à démarrer en lui apportant 220.000 euros, en plus de son apport. La banque, du coup, a accepté de compléter l’investissement  », reprend le dirigeant.


35 ouvertures en 2011

Résultat : la quatrième enseigne du marché de l’optique a ouvert 35 magasins l’an dernier, contre une dizaine pour ses rivaux. Le groupe, qui compte près de 800 magasins, espère atteindre la barre du millier de points de vente d’ici à trois ans.


Cette dynamique devrait permettre de générer un chiffre d’affaires de 500 millions d’euros, contre 375 millions en 2011 (+ 3 % ). Mais c’est aussi une nécessité pour maintenir une production en France.

Depuis 2005, Atol a relocalisé la fabrication de ses lignes de montures sous sa marque. C’est le lancement trois ans plus tard de ses modèles avec des clips de branches interchangeables, incarnés par Adriana Karembeu, qui a conforté ce retour. Cette innovation a permis d’avoir une collection rentable, vendue entre 200 à 220 euros.

Pour réaliser ces modèles, le groupe travaille avec une dizaine de sous-traitants situés dans le Jura et dans l’Ain et regroupant plus de 300 salariés au total. « Nous avons contribué à créer une centaine d’emplois en trois ans  », souligne Philippe Peyrard.

Mais cette fabrication française est fragile. Elle représente à peine 15 % des 800.000 paires vendues par Atol chaque année, alors que ces modèles génèrent 25 % du chiffre d’affaires. Pour préserver ce savoir-faire, Atol doit assurer à ces entreprises un certain volume de commandes. L’objectif du groupe est de doubler cette fabrication en France, pour atteindre 200.000 paires d’ici à fin 2013. Ce qui devrait donner les moyens aux sous-traitants d’investir dans des outils plus performants afin de baisser les coûts.

« Le made in France ne fonctionne que s’il y a de l’innovation  », ajoute le patron. En janvier, Atol a lancé la collection D’Clip signée par le chanteur M. Pokora, dont les branches sont interchangeables, un système inspiré de la barrette à cheveux. Des lunettes solaires vont sortir fin juin, là encore made in Jura.

Pour le reste de sa production, Atol continue de se fournir chez des grands du secteur, tels que Luxottica ou Safilo, qui détiennent les griffes comme Chanel ou Prada. Mais l’opticien ne s’interdit pas, pour augmenter encore les commandes passées dans le Jura, de lancer une licence avec une marque de mode française.


Dominique CHAPUIS, Les Echos, le 25/06/2012

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