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Nouveaux centres commerciaux, réfection des zones : les projets fleurissent à l'Ouest

26.03.2013, source : Les Echos.fr

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La démographie de la Bretagne attire promoteurs et enseignes. L’intégration paysagère devient un enjeu pour les promoteurs.

Le commerce breton fait un pied de nez à la crise. Il continue de progresser, non pas dans le commerce de proximité qui stagne, mais dans les GMS - grandes et moyennes surfaces. Selon l’Observatoire régional du commerce, qui a récemment publié les chiffres 2012, « en cinq ans, les surfaces commerciales en Bretagne ont augmenté de 10,9 % pour atteindre 5,75 millions de mètres carrés dont 4 millions pour les GMS ». La tendance va se poursuivre puisque de vastes projets sont démarrés ou à l’étude. Sur la Côte d’Emeraude, entre Dinard et Saint-Malo, le spectacle est celui d’un ballet incessant de camions pour l’achèvement des aménagements publics de Cap Emeraude qui va accueillir 50.000 m 2 de surfaces commerciales. La société d’économie mixte Sadiv pilote ce projet pour le compte de la communauté de communes de la Côte d’Emeraude. « En 2014-2015, indique-t-on à la Sadiv, Cap Emeraude accueillera un magasin Leroy Merlin, un hypermarché Intermarché et deux mails dédiés à des moyennes surfaces du confort de la maison et de la personne ». S’y ajouteront des surfaces de bureaux, des restaurants et un hôtel.

Un environnement soigné

Plusieurs de ces projets pourraient néanmoins être ralentis car des recours ont été déposés. Compte tenu de la proximité du littoral, la Sadiv attache un soin particulier aux aménagements. Fini les bâtiments en tôle alignés les uns à côté des autres avec des enseignes criardes. Chez Cap Emeraude, les commerces vont devoir respecter des règles strictes au niveau architectural, des plantations de végétaux sont prévues, les parkings seront logés à l’arrière des espaces commerciaux pour que la clientèle puisse librement se déplacer à pied dans un environnement soigné. Mais cette vaste opération immobilière fait hurler les commerçants de Saint-Malo, très inquiets par cette nouvelle concurrence pourtant justifiée par la progression continue de la démographie côtière. C’est aussi le cas dans le bassin rennais, qui accueille chaque année plusieurs milliers de nouveaux habitants, souvent jeunes puisque 60 % des 402.000 habitants de Rennes Métropole sont âgés de moins de 40 ans. D’où un renforcement constant du grand commerce.


Une végétation abondante

Au sud de la ville, le centre Rennes Alma est en plein travaux et va bénéficier d’une extension de 10.000 m 2 pour l’accueil de 43 boutiques supplémentaires. Un investissement de 100 millions d’euros. Toujours dans le périmètre de Rennes Métropole, mais cette fois à l’ouest de l’agglomération, un appel d’offres a été publié par la collectivité pour la création de 23.000 m 2 de commerces nouveaux dans la zone Rive Ouest, où est déjà installé Ikea. Là encore, la collectivité attache un soin particulier à l’environnement. Les espaces commerciaux seront bordés par une végétation abondante et la priorité sera donnée aux déplacements « doux ». Ces constructions, qui concernent aussi des agglomérations comme Vannes, Lorient ou Brest, se réalisent alors que la densité commerciale moyenne en Bretagne est élevée. Pour ce qui concerne les grandes surfaces généralistes, elle est de 405 m² pour 1.000 habitants en Bretagne contre une moyenne nationale de 338 m². Mais la région reste très touristique. Sa population littorale double le week-end et, surtout, en période de vacances scolaires.

Stanislas DU GUERNY, Les Echos, 21/03/2013

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