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Moto : les professionnels espèrent enrayer le recul des ventes en France

30.11.2011, source : Les Echos.fr

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Le Salon de Paris de la moto, du scooter et du quad s’ouvre aujourd’hui aux professionnels et se déroule jusqu’au 4 décembre. Le marché français est en baisse de 7 % depuis le début de l’année, mais ce mouvement provient surtout des scooters. Les grandes marques espèrent rectifier le tir.

Mélange d’ « achat passion » et d’ « achat raison », les ventes de motos traversent les crises successives sans trop vaciller. Le Salon de la moto et du scooter ouvre ses portes à Paris ce matin à la presse et demain au grand public, après deux ans d’annulation de la manifestation, rétrogradée en termes de prestige derrière Milan. C’est en tout cas l’occasion pour les marques de renouer avec le public français, en présentant leurs nombreuses nouveautés et, si possible, de freiner la tendance à la baisse des immatriculations.

Sur les dix premiers mois de l’année, les livraisons de machines neuves sont en baisse de 7,1 % dans l’Hexagone, à 166.000 unités. Mais les professionnels ne s’affolent pas. Ils voient là surtout la conséquence du recul des ventes de scooters, qui avaient sans doute atteint un point haut les années précédentes. « Même si la conjoncture est bien sûr difficile, le marché reste dynamique et se porte plutôt bien », résume un porte-parole de Honda France.

Désormais, le marché national est coupé en deux grands segments, qui n’évoluent pas en parallèle : les scooters, dont la cylindrée s’échelonne grosso modo de 50 à 600 centimètres cubes (cm 3) et les motos traditionnelles de plus de 650 centimètres cubes, qui donnent lieu à une sérieuse bagarre entre les marques européennes et japonaises. Coincées au milieu, les motos traditionnelles, comme les 250 ou 400 cm 3, ont été éjectées ou presque du marché. « Les constructeurs ont arrêté de développer ces machines, explique un professionnel. A la longue, une moto de 400 cm3 finissait par valoir le même prix qu’une 650. »

Sur le segment du scooter, qui représente plus d’une vente sur six chez les concessionnaires, les livraisons sont en baisse de 3,4 % depuis le début de l’année. Les deux parties dynamiques sont les grosses cylindrées (les maxi-scooters) et les 50 cm3, qui fournissent toujours la plus grosse partie des ventes. Mais les 125 cm3, l’autre catégorie reine pour les automobilistes lassés des contraventions et qui veulent aller au travail sans prendre les transports en commun, ont nettement souffert du changement de réglementation en début d’année. Il faut désormais sept heures de formation aux nouveaux entrants.

Bon nombre de marques ont aussitôt pris à leur charge tout ou partie de ces stages, mais cette mesure décidée au nom de la sécurité routière a été vécue comme une contrainte et un coût supplémentaire (environ 300 euros). Beaucoup se sont rabattus, notamment à Paris, sur les scooters à trois roues de Piaggio, qui échappent à cette formation même pour les grosses cylindrées. Mais ce vide juridique risque fort de ne pas durer.

Dans la moto plus classique, qui progresse de 3 % depuis le début de l’année, la bagarre est plus intense que jamais entre les japonais et leurs ambitieux rivaux, une demi-douzaine de blasons européens (BMW, Ducati, Triumph, KTM, Aprilia et Guzzi), épaulés par l’américain Harley-Davidson. Sous la houlette de designers très inspirés, ces marques se sont lancées dans une intense segmentation de leur offre, pour couvrir toutes les niches possibles du marché : sportives, roadsters, trail, sport-tourisme... Et les marques européennes profitent à plein du niveau très élevé du yen, qui pénalise fortement leurs rivaux nippons.

Honda, la seule marque japonaise à ne pas baisser dans l’Hexagone cette année, présente de nombreuses nouveautés et va tenter la synthèse entre les deux mondes avec son Integra : une machine à la robe de scooter, mais construite sur un châssis de moto, chaussée de grandes roues de 17 pouces et dotée d’un moteur de 670 cm3. La même base technique est reprise sur deux motos, trail et roadster.


Denis FAINSILBER, Les Echos, 29/11/2011

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