Les secteurs

Monoprix : le conflit avec Casino s'envenime

25.04.2012, source : Les Echos.fr

imprimer

Dans un courrier, Casino reproche à son ancien partenaire de gonfler artificiellement le chiffre d’affaires de Monoprix.

Le contentieux entre les groupes Casino et Galeries Lafayette sur la question de la valorisation de leur filiale commune Monoprix s’alourdit. Après s’être accusés l’un l’autre d’entraver le bon déroulé du processus prévu dans leurs accords, qui doit en principe aboutir à la vente par Galeries Lafayette de ses parts à Casino, ce dernier reproche cette fois à son ancien partenaire de gonfler artificiellement le chiffre d’affaires de Monoprix.

Dans un courrier adressé à Philippe Houzé, en sa qualité de PDG de Monoprix, et révélé par « Le Monde » daté dimanche 22-lundi 23 avril, Casino reproche au président du groupe Galeries Lafayette une hausse de 2,3 points de l’indice des prix des produits alimentaires de marques nationales dans les rayons de Monoprix au premier trimestre 2012, à 110 contre 107,7 un an plus tôt. « Nous savons qu’il ne s’agit que de manoeuvres de votre part en vue de fausser la juste valorisation, s’il y a lieu, de votre participation », poursuit la lettre. Casino demande à Philippe Houzé de « prendre les dispositions nécessaires et de donner les instructions pour cesser de telles pratiques », faute de quoi il le menace de « mettre en oeuvre (...) toute action utile pour préserver les intérêts de Monoprix et des droits d’actionnaire ».

Une demande pour le moins incongrue, explique aux « Echos » une porte-parole du groupe Galeries Lafayette puisque ce serait suite à une intervention de Jean-Charles Naouri, PDG du groupe Casino, en juillet 2011 que les prix de Monoprix auraient été augmentés. De fait, dans la présentation de ses résultats semestriels, le 28 juillet, Casino annonçait un « ajustement prévu des prix de vente » de Monoprix au troisième trimestre « dans un contexte de bonne tenue du trafic ». Dans son communiqué sur l’activité au premier trimestre 2012, Casino expliquait alors que la croissance de Monoprix (+ 5,4 % à magasins comparables) avait été « notamment portée par les soldes textiles sur le mois de janvier ainsi que par les ventes en alimentaire en février et en mars, avec le succès de l’opération commerciale Les Jours Essentiels ». Il n’y était pas question alors de hausse des prix.


Antoine BOUDET, Les Echos, le 23/04/2012

Dernières actualités