Mode : Tod's renforce son réseau malgré la crise

26.08.2014, source : Les Echos.fr

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Le groupe italien de prêt-à-porter, Tod’s, ouvre de nouveaux magasins, au détriment de la vente en gros.

Tod’s ne fait pas exception. A l’instar des autres groupes de luxe, Tod’s a connu un ralentissement de ses ventes sur le premier semestre. Le fabricant italien des célèbres mocassins de luxe a vu son chiffre d’affaires reculer de 2,7 %  sur la période à 478 millions d’euros. A taux de change constant, la baisse est limitée à 0,5 %. Le bénéfice net a lui chuté de 26 % à 56,2 millions d’euros.

« Le semestre en cours est le dernier à être touché par la décision stratégique du groupe, prise en 2012, de rationaliser la distribution en gros », a indiqué l’entreprise fondée par le grand-père de Diego Della Valle, son PDG. Cette reprise en main a nécessité l’ouverture de nouveaux magasins, « dans le but de préserver l’exclusivité et le positionnement des marques ». Malgré la crise, quelque 26 points de vente ont été inaugurés en un an, faisant passer le réseau à 219 magasins, plus des franchisés. « Grâce à un contrôle rigoureux des coûts, nous continuons à étendre notre réseau de distribution et notre capacité de production, afin de faire face à la demande croissante », martèle le dirigeant.

Recul en Chine

Au premier semestre, Tod’s, aussi propriétaire de la marque Roger Vivier, a investi 34 millions d’euros. C’est 12 millions de plus que sur la même période l’an dernier. Le groupe a notamment lancé la construction d’une nouvelle usine de chaussures dans la région des Marches, en plus des six actuelles.

Au-delà de ses décisions stratégiques, le fabricant de mocassins aux semelles à picots a été affecté par un environnement mondial chahuté, et l’impact des changes. En Chine, les achats ont reculé (- 7,6 % ), tandis qu’ils progressaient en Europe de 6,4 %, sauf en Italie, son premier marché, contrairement aux autres groupes de luxe, pénalisés par la baisse de la fréquentation touristique dans la zone.


Signes de ralentissement dans le luxe

Hermès, LVMH, Kering ont montré en effet les mêmes signes de ralentissement. Chez Kering, les devises ont coûté 10 points de progression du bénéfice opérationnel. Il s’est inscrit en baisse de 3,9 % en données publiées, contre une hausse de 6,2 % à taux de change constant. LVMH (propriétaire des « Echos ») a vu sa croissance ralentir à 3 % au deuxième trimestre contre 6 % au premier. En cause, la faiblesse de la demande en Chine et en Europe. Son résultat opérationnel courant a reculé de 5 %. Chez Hermès, au deuxième trimestre, la croissance de l’activité est tombée à +9,6 % contre + 16 % au deuxième trimestre 2013.

Dominique CHAPUIS, Les Echos, le 11/08/2014

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