Millenials : les jeunes entrepreneurs ne manquent pas d'ambition

2017-08-13T10:05:00+02:00

13.08.2017, 


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Les jeunes créateurs d’entreprise affichent des ambitions beaucoup plus fortes sur tous les plans, que les entrepreneurs baby-boomers. Ils accordent également plus de temps à leurs salariés et au management.

Gagner de l’argent, être célèbres, conquérir le monde, influencer leur communauté et marquer l’économie… Les entrepreneurs Millennials veulent tout ! C’est ce que révèle la dernière enquête d’HSBC Private Bank, « Essence de l’entrepreneur », menée dans 11 pays, et qui compare les motivations des créateurs d’entreprise de 20 à 30 ans, avec celles de leurs aînés. Les jeunes entrepreneurs du monde entier veulent d’abord faire fortune. Ils sont 43 % à déclarer qu’il s’agit de leur première motivation lorsqu’ils se lancent ! Pour 26 % d’entre eux, créer une entreprise est le moyen de se faire connaître. « Les entrepreneurs Millennials ont une ambition beaucoup plus forte que leurs aînés », constate Aurélien Drain, responsable développement chez HSBC Private Bank. Près d’un quart (23 %) des entrepreneurs âgés d’une vingtaine d’années veulent être influents et avoir un impact positif sur leur communauté. « Leur objectif est de marquer la société de leur empreinte et lancer des services qui vont changer les modes de consommation », souligne Aurélien Drain. Mais là où les jeunes entrepreneurs internationaux rêvent de faire fortune, pour 36 % des Français la première motivation reste de créer des emplois. « Lorsqu’ils sont arrivés au sommet de leur réussite, à l’instar des dirigeants de BlablaCar ou Sigfox, ils restent investis et veulent aider, en créant par exemple leurs propres fonds d’investissement ou incubateurs », souligne l’expert.

L’agilité caractérise les entrepreneurs de la génération Y. Entre leurs mains, les cycles de la vie de l’entreprise raccourcissent. « Les baby-boomers mettaient parfois trente ans avant d’envisager une cession. Les nouveaux dirigeants n’hésitent pas à lever des fonds dès la première année et, cinq ans après, à faire la première vente, décrit Aurélien Drain. Ils vont chercher eux-mêmes des investisseurs et mettent l’agilité au cœur de leur stratégie. Certains nous ont expliqué qu’ils ont pivoté, deux, trois ou quatre fois !» Dans la tech, ils attendent plus de 20 % de croissance du chiffre d’affaires annuel. Par ailleurs, 36 % des jeunes entrepreneurs français souhaitent démarrer une activité directement à l’international, et 32 % développer les exportations.

Plus d’attention pour les équipes

Les jeunes entrepreneurs consacrent beaucoup plus de temps que leurs aînés au management. Ils arrivent à libérer, par rapport à leurs homologues plus âgés, 42 minutes de plus par jour qu’ils consacrent à leurs collaborateurs, au détriment de la gestion administrative, opérationnelle et commerciale. « L’une de leurs grandes préoccupations est de croître rapidement et d’embaucher », justifie Aurélien Drain. Par ­contre, ils s’encombrent moins des contraintes d’ordre social : « Ils ont peu de temps. Ils n’invitent donc plus à déjeuner, mais à prendre un café », observe Aurélien Drain.

Bien que très ambitieux, les entrepreneurs Millennials se disent très attachés à l’équilibre entre leurs vies personnelle et professionnelle. Ils libèrent du temps pour leur famille : pour 39 % d’entre eux, celle-ci est un moteur. Ils développent des projets personnels, du « charity business », voire de la philanthropie – en vogue aux Etats-Unis. « Cette génération a compris que pour créer de la valeur, il lui faut établir des synergies entre les secteurs d’activité, et se constituer un réseau international non limité à la sphère professionnelle », souligne Aurélien Drain. Les jeunes entrepreneurs français sont ceux qui, tout en déclarant le plus de temps de travail par jour, sont les plus satisfaits de leur équilibre entre vie privée et professionnelle. Le constat rejoint celui de Viviane de Beaufort qui, dans son ouvrage « Génération #startuppeuse » (Eyrolles), se penche sur le cas des jeunes femmes : « Elles tiennent à des milieux de travail qui favorisent la créativité et l’équilibre et semblent à la fois déterminées à changer le monde et indifférentes aux conventions. »

Géraldine DAUVERGNE, Les Echos Entrepreneurs, le 13/07/2017

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