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Marks & Spencer remet le cap sur l'international avec une stratégie moins dispersée

05.04.2011, source : Les Echos.fr

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L'enseigne britannique se fixe pour objectif de faire passer ses revenus à l'étranger de 800 millions de livres à 1 milliard d'ici à l'exercice 2013 - 2014. Outre l'Europe continentale, la Chine et l'Inde sont visées.


Il est dommage, lorsqu'on a une marque reconnue hors de ses frontières, de ne pas exploiter cet avantage, surtout lorsque son marché domestique est confronté à une économie en situation délicate. Lors de la présentation de son plan stratégique, en novembre dernier, Marc Bolland, patron du britannique Marks and Spencer depuis un peu moins d'un an, a expliqué que sur les 850 millions à 900 millions de livres que le groupe veut investir en trois ans pour se relancer, 150 millions seraient consacrés à l'international. L'enseigne, positionnée entre les magasins de spécialités et les supermarchés, vise à faire passer ses revenus de 800 millions à 1 milliard pour l'exercice 2013 - 2014, soit 10 % du total, soit l'équivalent de la part actuelle.


Une bonne notoriété

Marks and Spencer réalisant des ventes de 500 millions en Irlande, il devra faire passer ses revenus dans les autres pays de 300 millions à 500 millions. Hier, à Paris, il a même été dit 800 millions ! Le groupe comptant procéder par le biais de la franchise, qui est un moyen moins risqué et moins coûteux que l'investissement direct, cela représente beaucoup d'ouvertures de magasins, même si, par ailleurs, Internet constitue un canal important de distribution. Mais pour Paul Rossington, analyste chez HSBC, « cet objectif est assez facile à atteindre ». Ce spécialiste estime que le retour en France, annoncé vendredi matin, est un bon moyen d'y parvenir, la marque M&S bénéficiant déjà d'une bonne notoriété. Outre l'Europe continentale, à laquelle Paris semble devoir servir de tête de pont pour un grand retour après dix ans d'absence, Marks & Spencer vise l'Inde et la Chine, les deux plus grands marchés émergents. Sa présence y est pour le moment limitée et le groupe a précisé qu'il se concentrerait sur certaines zones plutôt que de s'éparpiller. Ainsi, en Chine, Shanghai est privilégié. Le but est de passer de 4 à 15 magasins, avant de répéter l'opération à Pékin. Il n'en reste pas moins que le véritable enjeu pour le groupe, dont l'action reste loin des niveaux atteints en Bourse en 2007, demeure son marché domestique, qui représente l'essentiel de son activité. Or, l'austérité décidée par le gouvernement Cameron pèse sur la consommation des ménages.


NICOLAS MADELAINE, Les Echos, le 04.04.2011

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