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Marché des seniors : de nombreuses opportunités pour les métiers de services

09.03.2011, source : Les Echos.fr

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Maisons de retraite « ouvertes sur la vie », croisières thématiques ou musicales, voyages au long cours hors des vacances scolaires... L'allongement de la vie offre d'intéressantes opportunités pour les métiers de services.


A commencer par ceux dits « à la personne » puisque le maintien à domicile est plébiscité par les seniors français. Ainsi, 65 % des chèques emploi-service sont utilisés par les plus de 50 ans, qui devancent les jeunes parents. Un secteur qui aujourd'hui représente quelque 2 millions d'emplois à travers 15.000 entreprises ou associations agréées. Face à la demande croissante, l'offre a du mal à suivre. On se heurte à deux écueils : le manque de personnel qualifié et surtout la prise en charge du financement justifiant la grande réflexion lancée par le gouvernement sur la dépendance.


Si elles ont encore mauvaise réputation, les maisons de retraite, médicalisées ou non, changent. A côté des grands opérateurs Korian, DVD ou Orpea, dont le chiffre d'affaires approche le milliard d'euros, des indépendants se lancent, venus ni de l'univers médical ni de l'immobilier, comme ce fut longtemps la règle. Exemple, le groupe Steva, dont la petite taille (36 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2010) n'empêche pas l'ambition. Dirigé par deux amis d'enfance, Richard Claverie, un spécialiste du marketing, et Laurent Boughaba, qui a grandi dans la maison de retraite tenue par ses grands-parents, Steva conçoit des lieux de vie adaptés à l'âge et au degré d'autonomie de ses clients. Villa Beausoleil occupe le créneau du grand âge et de la dépendance au rythme d'une résidence crée par an. Quatre ont ouvert à ce jour (dont trois en région parisienne) « et trois autres projets, dont un à Marseille, sont en attente de financement auprès des agences régionales de santé », explique Caroline Moreau, chargée du développement. Particularité de ces Ephad haut de gamme, le souci du bien-être des résidents avec la présence à demeure de trois animateurs, d'un psychologue et d'un psychomotricien. Steva se charge de la construction, de l'aménagement (avec un décorateur interne) et de l'exploitation de la villa. Le coût est élevé pour les résidents : de 2.000 à 4.000 euros par mois (selon le prix de l'immobilier) auxquels peuvent se rajouter des prestations dépendance (150 euros par mois), les soins stricto sensu étant pris en charge par la Sécurité sociale.


Location en résidence

Steva a par ailleurs développé deux autres concepts pour les plus valides. Bientôt ouverte à Cholet, la première résidence Montana fonctionnera sur le mode de la location (au prix du marché). Le locataire peut souscrire différents services (certains comme l'animation et le gardiennage 24 heures sur 24 sont compris dans un forfait équivalent à la moitié du loyer) auxquels peuvent se rajouter demi-pension ou pension complète. Enfin, pour les jeunes retraités actifs, Steva projette la construction de résidences en bord de mer (les Domaines), dont équipements et prestations seront ouverts à l'extérieur.


Avec des revenus supérieurs à ceux de beaucoup d'actifs, les seniors représentent une manne pour le tourisme. Surtout en basse saison (ils sont 34 % à partir hors vacances scolaires). Responsable de PrimaVacances, filiale spécialisée d'AG2R La Mondiale, Yvon Breton, constate que ce marché ne cesse de progresser depuis les années 1990, s'accélérant à partir de 2000 avec le départ à la retraite des baby-boomers. Oublié le ralentissement ressenti au pire de la crise financière en 2008-2009. Comme les autres Français, le senior voyage de plus en plus. Y compris quand il avance en âge. « On n'hésite plus à partir à quatre-vingt ans. Et aussi pour rompre l'isolement consécutif à un veuvage », constate Yasmina Harir, qui dirige l'agence parisienne de Vacances Bleues.


En français uniquement

Très prisé, le séjour longue durée dans les pays du pourtour méditerranéen « all inclusive » à 750 euros (voyage compris) pour trois semaines en Tunisie, une destination qui recommence à être demandée. « Par rapport aux notes très élevées de chauffage en hiver, le surcoût est minime », observe Yvon Breton.


Mais attention à respecter le caractère « francophone » des prestations. Peu à l'aise avec l'anglais, les seniors veulent rester entre gens parlant leur langue. Qu'il s'agisse des participants ou du personnel et des animateurs. « La mixité linguistique ne marche pas », relève Olivier Muller, patron de NDS, un des leaders de la croisière pour seniors qui, en partenariat avec le TO Intermède, propose des programmes culturels et musicaux. A la différence de Costa et ses « megaships » de plusieurs milliers de passagers, le bateau de la société n'excède pas 400 places.


VALÉRIE LEBOUCQ, Les Echos, 07.03.2011

L'appellation senior vise les plus de 50 ans, soit 22,1 millions de personnesen France. Mais un monde sépare le jeune retraité qui entend profiter de son temps libre avec enfants et petits-enfants et les grands aînés (75 ans et au-delà) autonomes ou dépendantes vivant chez eux ou en maison de retraite, qui représentent 5,33 millions de personnes. Le nombre des plus de 80 ans doublera d'ici à 2035, à près de 2 millions de personnes.

 

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