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Magasins de sport : Intersport fait le pari du vélo made in France

18.03.2013, source : Les Echos.fr

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L’usine Cycleurope de Machecoul devient la Manufacture Française du Cycle. Intersport maîtrise l’assemblage et la logistique de ses vélos.

Intersport accélère le rythme dans le vélo. En reprenant l’usine Cycleurope de Machecoul, l’enseigne de distribution sportive réintègre en grande partie sa production de bicyclettes, jusqu’à présent sous-traitée en Bulgarie, au Portugal, en Italie, et marginalement en France. Qui plus est, le groupe entend porter haut les couleurs du made in France, à l’exception des vélos enfant, qu’il est peu rentable de fabriquer dans l’Hexagone. Plus qu’un symbole, l’usine vient d’ailleurs d’être rebaptisée « Manufacture Française du Cycle » (MFC). « C’est un tournant majeur, nous souhaitons devenir un acteur incontournable sur le marché du cycle. L’ambition est forte pour ce site », exposait mardi dernier Jacky Rihouet, PDG d’Intersport pour la France, aux 175 salariés de l’usine de Machecoul. Cette unité, qui fabriquait jadis les vélos de légendes du cyclisme, dont Anquetil, Hinault ou Fignon, voit s’ouvrir de nouvelles perspectives alors que son ancien propriétaire, le groupe suédois Cycleurope, l’avait placée en redressement judiciaire en octobre. Le projet de relance de Machecoul mobilise près de 10 millions d’euros dont 1 million d’euros en capital, 5 millions en compte courant et le reste en encours sur garantie. « C’est le minimum pour pouvoir commander comptant l’ensemble des pièces en Asie », expose François Bouche, le directeur général d’Intersport.

Le groupe coopératif veut porter « rapidement » la production de la MFC à 300.000 vélos. Il commencera avec l’assemblage de 180.000 unités en première année pour sa propre marque, Nakamura, mais aussi pour d’autres clients de la grande distribution. Des contacts sont pris avec d’autres distributeurs dont Système U. « Le projet va permettre une totale intégration de la filière vélo, avec la conception, la fabrication et la commercialisation. La maîtrise de la production permettra une visibilité sur les flux et d’accroître la disponibilité des produits en magasin », poursuit François Bouche. L’usine fera également naître à terme une nouvelle marque haut de gamme. Par la suite, elle pourrait fabriquer des produits de fitness et des vélos électriques, « mais nous allons commencer par ce que nous savons bien faire », relativise François Bouche, à savoir des vélos de ville, VTC, VTT, vélos de course et autres « Fixies ».

La mutualisation des fonctions support et une rationalisation de la logistique doivent permettre au site de redevenir compétitif. Car Machecoul sera également la base logistique vélo du groupe en France. Une extension des bâtiments logistiques, de l’ordre de 10.000 m 2, est déjà prévue. Le groupe a vendu 250.000 vélos l’année dernière. Le vélo représente 8,5 % du chiffre d’affaires d’Intersport France, qui s ’élevait à 1,4 milliard d’euros en 2012.

Emmanuel GUIMARD, Les Echos, 15/03/2013

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