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Location automobile : Paris veut éviter de changer le nom d'Autolib'

26.07.2012, source : Les Echos.fr

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Après que la cour d’appel a donné raison à Europcar, la Ville cherche les moyens d’éviter le changement de nom de son dispositif de voitures électriques en libre-service, lancé en décembre dernier. D’autant que son concessionnaire, le groupe Bolloré, refuse de payer.

L’affaire Autolib’ tourne à la partie de ping-pong entre la Ville de Paris et le groupe Bolloré. Suite à l’arrêt rendu fin juin par la cour d’appel de Paris, donnant raison au loueur de voitures Europcar, qui accuse la Ville de Paris de « contrefaçon » avec sa marque Autolib’ - lui-même exploitant depuis 2000 d’un service de location baptisé AutoLiberté -, les deux parties se renvoient la balle sur les conséquences financières d’un changement de marque. La municipalité parisienne a en effet un mois, à compter de la signification du jugement, pour changer de nom et donc modifier tous les supports de communication, sous peine d’astreinte. Une fâcheuse histoire, alors qu’à ce jour près de 650 bornes ont déjà été installées et 1.740 voitures Blue Car sont en circulation à Paris et dans les 46 communes franciliennes adhérentes au syndicat mixte Autolib’. Un mauvais coup également en termes d’image, sept mois après le lancement en grande pompe de ce dispositif de voitures électriques en libre-service présenté comme une première mondiale. La Ville, qui a évoqué « un arrêt surprenant » alors qu’elle a gagné en première instance contre Europcar en mars 2011, a indiqué qu’elle se pourvoirait en cassation, même si le jugement est exécutoire.

Pour l’heure, Europcar et Paris semblent privilégier un accord à l’amiable. Hier, la Ville, interrogée par « Les Echos », assurait « n’avoir pas reçu la signification du jugement et être en négociation pour trouver un accord de coexistence avec les deux marques ». Les dirigeants d’Eurazeo, propriétaire d’Europcar, ont évoqué dans la presse, au début du mois, être ouverts à des discussions portant sur la concession de la marque ou des partenariats entre les deux services.


27.000 abonnés

Une issue qui arrangerait aussi le groupe Bolloré, concessionnaire du service jusqu’en 2023. Du côté de l’industriel, le message est clair : pas question de payer les pots cassés. « La marque ne nous appartient pas, nous sommes donc dégagés de toutes conséquences financières. Nous laissons la Ville gérer cette histoire », a réaffirmé hier Vincent Bolloré. Se disant surpris par un aussi « bon démarrage » d’Autolib’, l’industriel estime qu’à « ce rythme de croissance, l’équilibre financier sera atteint d’ici à la fin 2013 [ soit cinq ans en avance sur les objectifs initiaux, NDLR] ». Le groupe chiffre à 27.000 le nombre d’abonnés à ce jour, dont 9.000 à l’année, sachant que l’objectif est de 80.000 à terme dans cette catégorie. L’enjeu est de taille pour l’homme d’affaires qui a fait d’Autolib’ la base de lancement de ses ambitions en matière de véhicule écologique. Un deuxième contrat avec une ville étrangère, pour y développer le concept, pourrait même être signé à l’automne 2012.


Marion KINDERMANS, Les Echos, le 24/07/2012

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