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Location automobile : Europcar souhaite développer sa présence en Chine, au Brésil et en Inde

27.07.2012, source : Les Echos.fr

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Roland Keppler a été nommé le 13 février directeur général d’Europcar, le numéro un européen de la location automobile (près de 2 milliards d’euros de revenus en 2011, pour une flotte de 190.000 véhicules en moyenne). Dans un entretien aux « Echos », il fait le point sur l’activité du groupe, détenu depuis 2006 par Eurazeo, et sur sa stratégie.

Roland Keppler a été nommé le 13 février directeur général d’Europcar, le numéro un européen de la location automobile (près de 2 milliards d’euros de revenus en 2011, pour une flotte de 190.000 véhicules en moyenne). Dans un entretien aux « Echos », il fait le point sur l’activité du groupe, détenu depuis 2006 par Eurazeo, et sur sa stratégie.


Dans quelle mesure le ralentissement économique affecte-t-il l’activité d’Europcar ?

C’est une évidence, nous sommes nous aussi confrontés à ce ralentissement, y compris en Allemagne. Sur le début d’année, notre activité est stable par rapport à l’année dernière. Cela étant, il y a des différences selon les marchés. Les pays d’Europe du Sud, en particulier l’Italie, et à l’exception notable du Portugal, souffrent plus que ceux d’Europe du Nord. Pour sa part, le marché français est légèrement en retrait. Quant à la saison d’été, elle a démarré dans un contexte de concurrence rude et de réservations de dernière minute, mais nous avions heureusement enregistré de bonnes pré-réservations. Les volumes sont en hausse, mais les prix baissent. Pour autant, la compétition reste raisonnable. Tout le monde est attentif aux comptes de résultats et à la rentabilité, ce qui limite la guerre des prix.


Dans ce contexte, quelle est votre stratégie ?

A court terme, nous regardons régulièrement notre portefeuille d’activités pour nous concentrer sur les plus rentables. Nous adaptons bien sûr notre flotte. Au-delà de ces mesures, nous devons revoir notre dispositif en Espagne et en Italie, où nous devons avoir une offre plus segmentée, mieux ciblée. A ce titre, nous allons pousser dans ces pays notre marque low cost Interrent, qui repose notamment sur la réservation en ligne.


Pour les marchés matures, nous voulons développer de nouveaux services en ville pour les citadins sans voiture, conquérir de nouveaux groupes de clients, agir comme un véritable partenaire pour les municipalités. Nous allons dédier des agences spécifiques. Nous avons fait une expérience en Allemagne avec 4 agences et les résultats des tests sont très bons. Concrètement, cela signifie par exemple des horaires étendus le week-end, des points d’accueil de type « corner ».

En clair, c’est un service moins traditionnel, des plates-formes dédiées à une catégorie de clientèle, une nouvelle manière de communiquer avec nos clients. Sur le plus long terme, c’est la poursuite du développement de nos offres de mobilité, sur lesquelles nous devons continuer à être le leader, et une présence toujours plus accrue sur le Web.


Vous avez évoqué une révision du dispositif en Espagne et en Italie. Envisagez-vous d’y fermer des agences ?

Nous ne pouvons pas l’exclure. A ce stade, aucune décision n’est prise.


Europcar s’est considérablement développé à l’international au cours des cinq dernières années. Quelle est votre ambition en la matière ?

Nous sommes présents dans plus de 140 pays. Mais la Chine, le Brésil et l’Inde sont pour moi des marchés prioritaires. Nous n’y sommes pas assez présents et nous devons faire plus. Nous étudions deux options : être opérateur ou la franchise. Ces trois marchés sont différents.


Europcar reste-t-il un acteur de la consolidation de son secteur ?

Il y aura encore de la consolidation dans les prochaines années. S’il y a une opportunité de croissance externe, nous l’examinerons mais nous nous concentrons d’abord sur la profitabilité de nos activités. Nous serons donc très attentifs à l’allocation de nos ressources. En outre, nous privilégions la valeur au volume. Par ailleurs, nous avons de nouvelles opportunités de développement organique, dans la mobilité urbaine par exemple avec car2go, mais aussi dans la location de voitures sur les aéroports ou en gare en raison de nos partenariats.


Propos recueillis par Christophe PALIERSE, Les Echos, le 24/07/2012

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