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Location automobile en libre service : le système fait des émules dans les grandes villes

05.02.2012, source : Les Echos.fr

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La Rochelle, Nice, Paris se sont lancées dans l’aventure du libre service. Rennes et Bordeaux vont l’expérimenter. Les constructeurs locaux sont sollicités.

La Rochelle, Nice, Paris, Montbéliard, et bientôt Rennes et Bordeaux... Quelle que soit leur couleur politique, leur taille, ou même leur topographie, un nombre croissant de villes se convertissent aux vertus de l’automobile en libre service.

Paris est évidemment dans la lumière, avec Autolib’ lancé en décembre en grand pompe et qui compte déjà 350 stations et 550 véhicules électriques (3.000 à terme). Il est encore trop tôt pour dresser le bilan mais le concessionnaire Bolloré parle de 8.000 abonnés et 500 utilisations journalières ont été recensés. Perfectible, le système est corrigé au fur et à mesure : renforcement des pare-chocs, meilleur détection des véhicules en station, réparations sur places...

Nice, en avance de huit mois sur Paris, a, elle, déjà fait son bilan. Son service annonce près de 2.000 adhérents pour plus de 7.500 réservations. Exploité par Venap (qui associe Veolia transports et EDF), Autobleue propose aujourd’hui 120 véhicules électriques (Peugeot Ion et Citroën Berlingo Venturi ) pour 40 stations opérationnelles à Nice et dans les communes voisines. Le déploiement se poursuivra cette année, avec pour objectif 70 stations et 210 véhicules, un accord ayant été conclu avec la principauté de Monaco. La durée moyenne de location avoisine les 3h10 sur un parcours en boucle d’une trentaine de kilomètres pour des utilisateurs, à 91% des résidents de la métropole. Le système d’exploitation, qui a été développé par une start-up de Sophia Antipolis, VuLog, donne la possibilité de réserver directement une auto, et de repérer sa localisation via une application Smartphone.Côté finances, les recettes sont de 40% supérieures aux projections initiales. Le système coûte 1,4 million d’euros par an à la Métropole, cette somme couvrant l’aménagement des stations et une subvention d’exploitation dont le montant est appelé à décroître avec l’augmentation des recettes.

La Rochelle, elle, a pensé le système dans son ensemble. Pionnière du partage des moyens de transports, avec ses fameux petits vélos jaunes gratuits, la ville s’est lancée dans l’autopartage en 1999 avec la création de Liselec : 13 stations et 50 voitures électriques en libre service dont la flotte va être renouvelée et équipée de Mia (ex-Heuliez) et de Citroën C Zero. La location de véhicules s’intègre dans un système intermodal baptisé Yelomobile, géré par Proxiway, filiale de Veolia transport : une carte unique baptisée « Yelo » permet aux usagers d’avoir accès à l’ensemble des modes de transport public, voitures électriques, vélos en libre-service, aussi bien que taxis, TER, bus, et plate-forme de covoiturage.

L’idée d’une offre globale de mobilité a également séduit l’agglomération de Montbéliard, qui a lancé le 1er octobre un service intégrant notamment l’autopartage de 5 véhicules électriques. Sur les 1.200 adhérents que compte désormais le système « Ah la carte », l’opérateur franco-suisse Toowup estime à 20% les utilisateurs réguliers automobiles. Un chiffre en constante augmentation, qui justifie l’achat cette année de sept véhicules supplémentaires. Comme à La Rochelle, les élus ont misé sur la production locale : les 5 véhicules déjà en circulation sont des F-City conçus et fabriqués par FAM automobiles.

D’autres villes font leurs tout premiers pas. A Bordeaux, la société Autocool, membre du réseau France Autopartage qui gère une flotte de 45 voitures sur l’agglomération, va tester l’an prochain une dizaine de Mia Electric pendant 6 mois avec l’aide de l’Ademe. Théoriquement, l’utilisation d’un véhicule électrique est parfaitement compatible avec les attentes de la clientèle, puisque chez Autocool, l’utilisateur type emprunte la voiture pendant 4 heures sur une trentaine de kilomètres.

En revanche, des questions demeurent sur la rentabilité économique du système. « On ne sait pas avec quel niveau de batterie le véhicule revient et le temps de recharge dont il aura besoin. Une voiture électrique ne peut donc enchaîner les trajets. Cela impose donc d’avoir plus de véhicules qu’avec une flotte thermique. Sans parler de l’autonomie qui peut être divisée par deux dès lors que l’on se place en utilisation réelle », résume Nicolas Guenro, directeur d’Autocool.

Rennes Métropole se lance elle aussi dans l’aventure. Elle vient d’installer des bornes de rechargement dans cinq parkings publics, et a prévu l’achat de 10 voitures électriques pour ses services. Des actions qui vont mobiliser 2,5 millions d’euros sur trois ans. Là aussi, un accord a été signé avec PSA Peugeot Citroën qui possède une importante usine de montage dans la ville. Le constructeur a prévu de fournir, à un prix compétitif, une centaine de voitures électriques à Rennes Métropole et aux premières entreprises locales intéressées. La collectivité accompagnera les achats effectués par les sociétés d’ une aide d’environ 2.000 euros.

Les Echos, 01/02/2012

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