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Lingerie : la vente de Dim est entrée dans sa dernière ligne droite

28.12.2012, source : Les Echos.fr

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Deux fonds sont en lice pour reprendre le groupe, avec une décision fin janvier.

La vente de Dim est entrée dans sa dernière ligne droite. Deux fonds d’investissements sont encore en lice pour racheter le numéro un français de la lingerie. Les 7.800 salariés du groupe devraient être fixés d’ici à la fin janvier sur leur sort. Hier, le CCE prévu à la rentrée a été repoussé en février. Son propriétaire depuis six ans, Sun Capital, a décidé en juin d’engager la cession du groupe DBApparel, qui compte aussi les marques Playtex et Wonderbra. Sur la dizaine de candidats, fonds et industriels qui ont regardé le dossier, deux acheteurs potentiels poursuivent les discussions.

C’est ce qu’a annoncé hier le président de l’entreprise, Christian Duval, lors d’un comité d’entreprise européen à Paris. « Le processus se poursuit sereinement, avec un actionnaire responsable », indique-t-on de source interne. Autrement dit, Sun Capital ne serait pas prêt à « brader » sa pépite. Le fonds américain en attendrait quelque 600 millions d’euros, soit dix fois son excédent brut d’exploitation. Toutefois, au vu de la crise et des difficultés de financement en Europe, Sun Capital n’est pas sûr d’obtenir le montant visé. Dans ce cas, il pourrait renoncer à vendre, en attendant des temps meilleurs.

Les syndicats s’inquiètent des conséquences en termes d’emplois que pourrait avoir une cession, après la série de plans de départs ces dernières années. D’autant qu’une réduction de la production aurait été annoncée sur le site slovaque. DPApparel compte au total sept usines dans le monde (Allemagne, Philippines, Sri Lanka, Afrique du Sud…) sans parler de sous-traitants en Asie.

L’usine de chaussants d’Autun (Saône-et-Loire), où a été fondé Dim en 1956, est la plus importante (1.019 salariés). L’atelier de tricotage de collants y fabrique 53 millions de paires par an, soit 80 % des volumes vendus dans l’Hexagone. La France pèse 40 % du chiffre d’affaires global du groupe qui s’élève à 685 millions d’euros. « Depuis trois ans, les ventes progressent chaque année de 3 % sur ce marché », précise le directeur général France, François Riston.

Le groupe y a relancé les investissements pour rendre encore plus séduisante la corbeille de la mariée. En trois ans, il a investi 8,5 millions à Autun, notamment pour l’achat de 250 métiers à tricoter de dernière génération. Une centaine ont été installés en juin. En 2013, l’atelier teinture aura de nouvelles cuves, plus petites et moins consommatrices d’énergie. Son entrepôt géant où transitent tous les produits Dim (sous-vêtements, collants…) ensuite redistribués dans 43 pays, a lui aussi été amélioré. « Cette implantation à Autun nous permet d’être très réactifs sur un marché très lié à la mode et à la météo, précise le dirigeant. Il y a un savoir-faire local que nous allons pousser vers la montée en gamme des produits. »

Magasins en propre

Autre levier pour entraîner la croissance, le développement d’un parc de magasins en propre. à l’enseigne Dim. Le groupe en a déjà onze en France, dont le dernier a ouvert en décembre à Paris. Les projets vont s’accélérer. Un moyen pour l’entreprise de cibler la clientèle des centres-villes. L’innovation reste au coeur de son modèle, avec près d’un tiers de nouveautés chaque année. Son collant Body Touch, développé en Saône-et-Loire il y a trois ans, fait « un carton », avec 7 millions de paires vendues.

Malgré cette dynamique, les ajustements se poursuivent. Playtex va perdre 47 démonstratrices qui devraient être en partie reclassées, suite à une décision des Galeries Lafayette d’avoir moins de vendeuses.

Dominique CHAPUIS, Les Echos, 20/12/2012

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