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Les voyagistes français achèvent une année touristique noire

15.12.2013, source : Les Echos.fr

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A cause de tensions en Afrique du Nord, la vente de forfaits a reculé de 8,2 % pour les voyagistes.

Il n’y a pas eu de miracle : dans un contexte de crise économique et de troubles persistants en Afrique du Nord, l’année commerciale 2012-2013 des voyagistes français, qui s’est achevée le 31 octobre, a été noire selon le Syndicat des entreprises de tour-operating (Seto) qui réunissait ses membres à Deauville, le 10 décembre dernier. En termes de trafic, le recul est de 9,8 %  par rapport à l’exercice précédent, avec un total de 6,6 millions de clients. Pour les voyages à forfait, la baisse atteint 8,2 % (4 millions de clients).

Le repli est encore plus sensible pour la simple billetterie aérienne, les « vols secs », à - 12 %, mais cette tendance est aussi le résultat de la gestion rigoureuse des capacités.

Les voyagistes, qui avaient bu la tasse à l’été 2012, ont en effet réduit fortement leurs engagements aériens et hôteliers sur l’hiver 2012-2013 et l’été 2013, afin de mieux préserver leurs marges. Résultat, si le repli de l’activité a été globalement supérieur à celui de la terrible année 2008-2009 (- 7,2 % ), la recette unitaire moyenne des tours opérateurs s’est accrue de 2,4 %.

Cela étant, le volume d’affaires agrégé des professionnels n’en est pas moins en retrait de 6 %, à 3,9 milliards d’euros, le total, avec « les vols secs », ayant régressé de 5,4 % en valeur aux alentours de 5 milliards d’euros. « Ce n’est pas brillant », commente le président du Seto, René-Marc Chikli.

L’Asie au beau fixe cet hiver

Sans surprise, la désaffection pour la Tunisie et l’Egypte, deux destinations phares, a pesé lourd avec une chute de trafic pour les seuls voyages à forfait de 31,8 % et de 54,3 % respectivement. La Tunisie se place malgré tout au deuxième rang des destinations des Français à l’étranger (avec quelque 282 000 clients), derrière le Maroc (- 0,5 %, près de 336 000 clients).

Ce délaissement de l’Afrique du Nord n’est que partiellement compensé par le succès d’autres destinations méditerranéennes proches comme la Sardaigne (+ 46 % ), Crète et Rhodes (+ 3 % ) ou l’Espagne et l’Italie (+ 1 % ). Le segment du long-courrier a, lui, été notamment marqué par le coup de mou de la République dominicaine (- 31,8 % ), longtemps une valeur sûre et elle aussi sujette à une compression drastique des capacités pour doper les marges.

La France, qui reste la première destination des Français, n’a pas non plus profité d’un effet report (- 9,2 % pour la clientèle forfaits).

Pour les voyagistes, cependant, l’hiver 2013-2014 s’annonce sous de meilleurs auspices avec une progression des réservations de 13,5 % , selon le Seto. « On a vendu 75 % de l’hiver à la fin novembre », précise le PDG du Groupe Lagrange, Pierre-Olivier Toumieux. Les indicateurs sont également au beau fixe pour l’Asie. « On a fait 70 % de l’hiver », témoigne le patron d’Asia, Jean-Paul Chantraine.

Pour autant, le marché français du tour-operating « reste difficile », constate le Seto. « On est peut-être dans le creux de la vague », espère cependant René-Marc Chikli, au vu d’une tendance en termes de réservation en repli de 1,2 % seulement pour les mois de septembre et octobre par rapport à la même période de 2012. Le marché croissait même alors de 3,4 % hors Egypte et Tunisie.

Christophe PALIERSE, Les Echos, 11/12/2013

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