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Les syndicats d'Accor, vent debout contre la scission

09.12.2009, source : Les Echos.fr

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Les syndicats français du groupe d'hôtellerie et de services prépayés s'opposent en bloc à la séparation entre ces deux métiers. Le conseil d'administration d'Accor doit se prononcer mardi prochain.
A moins d'une semaine d'une décision historique de son conseil d'administration, qui doit se réunir le 15 décembre pour se prononcer d'une manière décisive à son sujet, l'éventuelle scission d'Accor suscite l'opposition ouvertement déclarée de l'ensemble des syndicats de salariés français. Dans un communiqué commun, adressé à la veille de la réunion du comité de groupe d'Accor France - celui-ci est convoqué traditionnellement deux fois par an -, l'intersyndicale CFDT-CFTC-CGC-CGT-FO a en effet fait part, hier, de son rejet en bloc d'une possible séparation de l'entreprise en deux entités, avec, d'une part, l'hôtellerie et, d'autre part, le pôle services, susceptible alors de faire l'objet d'une introduction en Bourse. « En cassant ce modèle économique qui a fait ses preuves et a pérennisé le développement du groupe et ce, sans aucune concertation des organisations syndicales, la direction d'Accor a fait montre d'un mépris délibéré », déclare notamment l'intersyndicale, qui parle par ailleurs d'un « démantèlement » de l'entreprise.
Relayant les inquiétudes des salariés « pour le devenir de leur emploi, ainsi que la dégradation des conditions de travail », les membres du comité de groupe ont également annoncé avoir mandaté sa secrétaire (FO), pour témoigner de « leur désaccord sur cette stratégie » mardi prochain lors de la réunion du conseil d'administration, l'élue syndicale y faisant figure de représentante du personnel.
L'heure est d'autant plus à la mobilisation générale que l'intersyndicale a aussi décidé d'activer la procédure de droit d 'alerte, avec assistance d'un expert. « Le droit d 'alerte sera utilisé dans toutes les filiales », prévient même le délégué CFDT, Doudou Konaté. « Nous sommes dans le flou complet. Nous ne resterons pas sans rien faire », ajoute-t-il.
Au vu de ces déclarations, la séance questions-réponses du comité de groupe, qui se tient ce matin - il est censé aborder les comptes semestriels d'Accor -, s'annonce donc houleuse. Le PDG, Gilles Pélisson, qui sera a priori présent, aura fort à faire pour contrer cette brusque levée de boucliers. De fait, la question de l'éventuelle scission d'Accor a été abordée le mois dernier devant des représentants des salariés, en l'occurence dans le cadre du comité de groupe européen.
L'inquiétude apparaît d'autant plus vive que pour les syndicats français, l'opération, dont l'examen de « la pertinence » a été officiellement lancée à la fin d'août, est « désormais inéluctable ». Le 16 novembre, après une longue réunion, le conseil d'administration d'Accor s'est déclaré « satisfait de l'avancée des travaux pour formaliser les deux plans de développement de l'hôtellerie, d'une part, et des services, d'autre part, démontrant le caractère pérenne et rentable de chacun des deux métiers du groupe Accor ainsi que leur capacité à relever les défis de leur développement futur ». Cette déclaration avait coupé court à la recherche d'éventuelles autres solutions, ouvertement souhaitée par la Caisse des Dépôts, actionnaire historique du groupe.
CHRISTOPHE PALIERSE, Les Echos le 09/12/09
 

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