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Les soldes flottants semblent en sursis

18.09.2010, source : Les Echos.fr

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Petits commerçants ou grandes chaînes : l'unanimité des distributeurs est quasi totale pour souhaiter la suppression du dispositif instauré en 2008 par la Loi de modernisation de l'économie. L'objectif est de redonner leur caractère exceptionnel aux traditionnels soldes d'été et d'hiver.

Trop de soldes tue les soldes. Hervé Novelli, le secrétaire d'Etat au Commerce, a confié hier au Crédoc et à l'Institut français de la mode la mission de mesurer l'impact des soldes flottants, le nouveau régime de soldes institué en août 2008 par la loi de modernisation de l'économie. Le rapport doit être remis le 1 er novembre. Faut-il y voir le signe d'un enterrement de première classe ? Une chose est sûre : si le ministre a besoin d'être « convaincu », la plupart des commerçants souhaitent la fin du dispositif qui a raccourci à cinq semaines les traditionnels soldes d'été et d'hiver et a autorisé les professionnels à choisir deux semaines supplémentaires dans l'année à des dates de leur choix. Hormis le Conseil national des centres commerciaux (CNCC) qui défend ces « soldes intermédiaires », les membres du Conseil du commerce de France (CDCF) qui regroupe, entre autres, la Fédération nationale de l'habillement (FNH) et la Fédération nationale des détaillants en chaussures de France (FDCF), pour les indépendants, ainsi que la Fédération des enseignes de l'habillement (FEH) et le Syndicat national du commerce succursaliste de la chaussure, pour les chaînes intégrées, sont pour leur suppression.


Banalisation

La Fédération des enseignes du commerce associé (FCA), qui rassemble, elle, les réseaux coopératifs, résume la situation en précisant dans un communiqué : « Les deux semaines flottantes galvaudent la période des soldes. » « Les soldes flottants banalisent le terme même de soldes », affirmait début août Jean-Marc Génis, président exécutif de la FEH, qui représente les Celio et autres H&M ou Zara. Charles Melcer, président de la FNH et porte-parole du petit commerce indépendant, parlait, lui, d' « erreur majeure ». « Conçus initialement pour permettre aux consommateurs de bénéficier plus souvent de prix réduits, les soldes flottants ont plutôt eu un effet négatif », estime aujourd'hui Gérard Atlan, président du CDCF. « A quel moment le consommateur peut-il être conscient du vrai prix », s'interroge-t-il. Reste à savoir si le gouvernement va revenir à l'état ante. Un compromis reste possible. Les centres commerciaux seraient favorables au maintien de soldes intermédiaires, mais à des dates fixes.

PHILIPPE BERTRAND, Les Echos, le 15.09.10

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