Les secteurs

Les services à la personne doivent se professionnaliser

18.10.2010, source : Les Echos.fr

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La Fédération du service aux particuliers (FESP) s'est rapprochée de Pôle emploi, afin de mieux encadrer des métiers souvent exercés « au noir  ».


Pôle emploi et la Fédération du service aux particuliers (FESP) ont signé mardi, à l'occasion des 5es Assises de la profession, un accord-cadre afin de répondre aux importants besoins de recrutement de la filière. Les services à la personne sont l'un des rares secteurs créateurs net d'emplois : en 2009 ils ont généré 16.000 emplois équivalent temps plein (ETP) alors même que 370.000 emplois ETP étaient détruits en France.


Depuis 2006, les entreprises de services à la personne ont engendré 47.000 emplois supplémentaires soit 14 % de la création totale des emplois. La fédération, qui représente les acteurs privés du service à la personne (1.300 entreprises comptant pour 80 % des emplois et 70 % du chiffre d'affaires de la branche, ainsi que les particuliers employeurs mandataires) se bat pour une meilleure qualité des prestations.


« Dans ces métiers, souvent vieux comme le monde, un tiers des prestations sont effectuées "au noir"  », précise Maxime Aiach, président de la FESP. Le chiffre d'affaires des services à la personne, qui est estimé à 21,5 milliards d'euros, correspond principalement à des activités de ménage et de garde d'enfants (8 milliards chacune), mais aussi d'assistance aux personnes dépendantes et de soutien scolaire .


Le secteur pâtit de ce fait d'une mauvaise perception, selon la fédération qui s'est engagée depuis cinq ans dans un travail de professionnalisation de ces métiers. « Nous avons passé un pacte moral avec les pouvoirs publics afin de consolider ce secteur en contrepartie d'un cadre fiscal favorable  », souligne Maxime Aiach. L'accord avec Pôle emploi prévoit une valorisation de l'image des services à la personne et un recours plus important à l'apprentissage. La FESP souhaite aller plus loin, avec une certification obligatoire, pour en finir avec les canards boiteux qui font du tort au secteur.


A l'heure de la rigueur, la suppression partielle des exonérations sociales et patronales imposée au secteur par le gouvernement et chiffrée à 500 millions d'euros, à rapprocher des 6 milliards d'euros d'avantages fiscaux accordés par l'Etat aux services à la personne, est bien acceptée par la FESP, consciente de participer à l'effort de solidarité nationale, même si la mesure aura « un impact indéniable sur un secteur encore jeune  », selon la fédération, qui réclame son étalement sur trois ans.

MARTINE ROBERT, Les Echos, 15.10.2010

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