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Les projets de nouvelles surfaces commerciales se font plus rares

22.01.2013, source : Les Echos.fr

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En décembre, le chiffre d’affaires des chaînes spécialisées a reculé de 3,5 % à 4 % par rapport à décembre 2011, selon Procos. Le recul annuel est de 3 % en tenant compte de l’inflation.

Pour la première fois depuis 1996, les promoteurs ont drastiquement revu à la baisse leurs projets d’ouverture de nouvelles surfaces commerciales d’ici à cinq ans. La France, traditionnellement un des tout premiers pays d’Europe par l’importance de ses surfaces à livrer, a connu un coup de frein brutal, avec 5,7 millions de mètres carrés de projets en stock contre 6,8 millions de mètres carrés il y a un an, selon Procos, la fédération des enseignes spécialisées. De même, les délivrances d’autorisations des collectivités n’ont concerné que 2,5 millions de mètres carrés, soit une chute de 25 % en un an.

« Il y a encore cinq ans, la norme était 50.000 à 100.000 mètres carrés d’abandon par an, depuis deux ans c’est 500.000 mètres carrés par an », souligne Procos. Selon ses estimations provisoires, sur le mois de décembre, le chiffre d’affaires des commerçants a reculé de 3,5 % à 4 %  par rapport à 2011, ce qui aboutit à un recul pour l’ensemble de l’année 2012 de 0,7 % pour les boutiques et de 1,3 % pour les grandes et moyennes surfaces de périphérie urbaine . « En prenant en compte l’inflation la baisse atteint 3 % », ajoute Procos.

Extensions des valeurs sûres

Ces mauvais chiffres d’affaires, et la chute spectaculaire prévue d’ici à cinq ans des nouvelles surfaces commerciales n’ont pas empêché l’ouverture de 807.000 mètres carrés l’an dernier, soit 20 % de plus qu’en 2011, selon Cushman & Wakefield. Mais cette progression est uniquement due aux 547.000 mètres carrés ouverts dans des parcs d’activités commerciales (+ 73 % en un an). Dans les centres commerciaux, les nouvelles surfaces ont chuté de 100.000 mètres carrés l’an dernier (- 26 % ) pour ne plus représenter que 260.000 mètres carrés et elles consistent essentiellement en des extensions des valeurs sûres.

Pour 2013, les 115 enseignes interrogées par Procos (représentant 24.600 points de vente) prévoient un millier d’ouvertures et 300 fermetures, soit un accroissement net de 3 % du parc de magasins, comme en 2012. Pour une bonne part néanmoins, ces surfaces nouvelles sont le fait de transferts de points de vente, remarque Procos en prenant pour exemple la chaîne d’opticiens Atol, chez qui cela en concerne « 40 % à 50 % ».

Fait marquant, les parcs d’activités commerciales (PAC) - dès lors qu’il s’agit d’équipements plus haut de gamme, caractérisés par une recherche architecturale, des espaces verts, etc. - sont plébiscités par 35 % des enseignes pour leurs nouveaux points de vente, contre 25 % dans les centres commerciaux traditionnels et 20 % dans des centres villes. Le montant des loyers n’est pas neutre non plus. « Un centre commercial implique un loyer de 400 ou 500 euros le mètre carré par an auquel s’ajoutent des charges non maîtrisées, quand les PAC ont des fourchettes de loyer de 80 à 130 euros le mètre carré pour les moyennes surfaces et 180 à 300 euros le mètre carré pour les boutiques », note Procos.

Résultat : « dans les grandes et moyennes villes, le taux de vacance des centres-villes s’accroît, relève la fédération professionnelle. Il est passé de 5 % en 2000 à 7,5 % aujourd’hui », au profit de la périphérie et des « tissus urbains intersticiels » (quartiers et troisièmes couronnes).

Myriam CHAUVOT, Les Echos, 18/01/2013

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