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Analyse

Les nouveaux modes de management pris à revers

30.11.2009, source : Les Echos.fr

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Les restructurations liées à la crise induisent des modes de direction autoritaires qui vont à l'encontre des modes de management qui se développaient jusqu'alors.


Réintroduire l'humain dans la gestion de l'entreprise est aujourd'hui le leitmotiv de tous les congrès, conférences et autres séminaires d'entreprises. Les grands principes de management qui prospèrent depuis le début du XXe siècle arrivent en effet à bout de souffle et la crise économique avec son corollaire, le stress des salariés, n'a de cesse d'appeler à la rescousse les sciences humaines. De l'école classique de Taylor, Fayol et Weber aux approches de l'économie industrielle ou de l'analyse stratégique des organisations en passant par les théories de la décision et de la contingence structurelle, les écoles de pensée managériale ont bien prospéré. Mais, aujourd'hui, se développent de nouvelles règles du jeu économique, de nouveaux comportements tant des consommateurs que des salariés et, surtout, de nouvelles technologies. Autant d'éléments qui remettent en question les techniques de management en vigueur jusqu'à présent.


De l'avis des plus grands experts en management (les professeurs Gary Hamel, Fred Kofman, Henry Mintzberg notamment), les stratégies d'entreprise vont à l'avenir nécessiter non seulement une collaboration plus étroite entre la base, les responsables opérationnels et la direction, mais aussi de l'écoute mutuelle, de l'intelligence émotionnelle et, surtout, la capacité à motiver les autres et à donner du sens aux actions. Mais cette théorie vertueuse se heurte à un obstacle de taille : l'urgence quotidienne à faire face coûte que coûte à la crise économique.


Une trop forte pression peut décourager


Maximiser les résultats financiers, réduire la dette, maîtriser les coûts, améliorer les processus de performance, se recentrer sur les métiers les plus lucratifs, constituent les réponses jugées les plus adaptées aux périodes de récession. Autant de réponses qui, inévitablement, induisent un mode de direction « autoritaire » , que le professeur Gary Hamel juge « aujourd'hui inadapté » . Notamment en raison de l'arrivée sur le marché du travail de la « génération Y » (née après 1975), du travail collaboratif induit par le Web 2.0 et des nécessités de développer un fort esprit entrepreunarial pour susciter la créativité et l'innovation au sein des sociétés. Car, si une dose de « bon » stress peut parfois s'avérer nécessaire, une trop forte pression peut décourager - voire épuiser -des équipes. Avec le risque de voir des salariés initialement motivés s'enfermer dans un rôle de simples exécutants, devenir craintifs face à la prise de risque et se retrouver en panne d'idées.


MURIEL JASOR, Les Echos, 30.11.2009

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