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Les négociants en or s'organisent pour tenter d'améliorer leur réputation

01.11.2012, source : Les Echos.fr

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Selon une étude de l’INC et des crédits municipaux, les sociétés de courtage d’or, qui se sont multipliées ces dernières années, ne respectent pas toujours les droits des consommateurs. Les négociants réclament aussi la mise en place de nouvelles règles.

Défaut d’information sur les prix de rachat, sur les cours de l’or ou sur le montant des commissions... Les négociants en métaux précieux se font rappeler à l’ordre. Une enquête de l’Institut national de la consommation et des crédits municipaux dénonce le manque de sérieux d’une partie de la profession.

L’INC a envoyé cet été des clients mystères tester les services de 150 officines dans huit grandes villes de France, dont Paris et sa banlieue, Marseille, Rouen, Nantes ou encore Strasbourg. Et les résultats sont pour le moins éloquents. Dans plus de 9 cas sur 10, le droit à l’information des consommateurs est bafoué. Ainsi, aucune des officines visitées n’affiche le prix de rachat d’un gramme d’or. Par ailleurs, dans 75 % des cas, les employés ne demandent pas à vérifier l’identité des clients. Un vrai souci au vu de l’augmentation des vols à l’arraché de bijoux en or depuis un ou deux ans.

Une remise en question qui intervient alors que la profession s’organise. Plusieurs gros négociants d’or et de bijoux d’occasion viennent de se rassembler en chambre syndicale pour tenter de mettre un peu d’ordre dans la profession. « N’importe qui peut ouvrir une officine sans avoir de formation particulière, ni de vérification du casier judiciaire », regrette Gilles Rebibo, président du Csnobo. « Tant que nous n’étions pas nombreux, ce n’était pas trop important, mais avec la forte augmentation des acheteurs d’or, il faut que les règles soient les mêmes pour tout le monde. »

Protéger les consommateurs

Le Csnobo réclame donc la mise en place d’une réglementation au niveau national, une « réglementation précise et compréhensible pour protéger les consommateurs des aventuriers de toute sorte », alors que la profession est régie par des dispositions qui remontent à Napoléon. La chambre syndicale souhaite aussi que la loi de 2011 interdisant le paiement en espèce soit mieux respectée. Certains profitent d’une faille, le décret d’application n’ayant pas été signé.

De nouvelles règles, mais aussi une vraie formation qualifiante. Gilles Rebibo, qui travaille dans le négoce de l’or depuis trente ans, s’inquiète des risques de « destruction d’un patrimoine d’orfèvrerie », certains bijoux anciens pouvant être fondus juste pour récupérer seulement quelques grammes de métal.

Avec la flambée des cours de l’or ou de l’argent, le nombre d’officines a triplé ces dernières années, passant de 1.000 à plus de 3.000. Le métier peut en effet être très rentable. Une boutique peut réaliser entre 600.000 et 800.000 euros de chiffre d’affaires annuel. En quatre ans, certains ont pu multiplier leur activité par quatre. Les Français sont de plus en plus nombreux à fréquenter les magasins de négoce pour vendre les bijoux de famille ou pour acheter de l’or, toujours perçu comme une valeur refuge.

Pierrick FAY, Les Echos, 26/10/2012

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